Vaponaute, c’est l’alliance d’un moddeur et d’une créatrice de liquides parisiens, qui proposent une vape raffinée, dans un univers de voyages, d’aviation et d’aventure.
Si je n’ai jamais eu l’occasion de goûter les liquides de Anne-Claire, j’utilise depuis quelques mois un atomiseur conçu par Léopold, le Hypersonic.

Allez, découvrons-le à la mode Nesquick : pas de boite, on rentre direct dans la technique avec les pièces de l’engin.

Conception

L’Hypersonic est construit en acier 316 micro-billé et en Ultem véritable, les isolateurs étant logiquement en Peek.
Il est livré avec 2 pins, plein et BF, quelques joins et vis, et une clé Allen.
Son diamètre est de 22 mm, et il culmine à 28,6 mm : c’est un petit atomiseur.
Ses finitions sont remarquables même si, de mon point de vue, son design n’est pas à se taper le cul par terre.

L’Hypersonic ressemble furieusement à un dripper, et c’en est un, mais c’est aussi un squonker et un RDTA.
Il est constitué d’une base à gauche, d’un baril au milieu… jusque-là, rien d’original. C’est le top cap à droite qui constitue la pièce maîtresse, puisque ce n’est pas un top cap…

C’est une chambre d’atomisation, réduite à sa fonction essentielle : entourer la résistance au plus près.

Le plateau est de type postless, et le but du jeu est de placer un tortillon de fil pile au milieu de la chambre, ce qui demande un peu de soin, mais rien d’insurmontable.
La cuve est profonde, elle peut contenir en gros 2 ml, et le bloc d’ultem fait office  de bouchon : utilisé ainsi, c’est un RDTA.

L’écartement des posts invite clairement à faire des spires espacées. mais il est possible de faire des micro coils, il faudra juste former les pattes.
La pose de la bobine n’est pas compliquée, il faut couper les pattes autour de 8 / 10 mm pour être bien, mais comme leurs  emplacements n’ont pas de fond, il est aussi possible laisser une plus grande longueur, puis de les couper par le dessous une fois bloquées.

En effet, la coupelle de la base est simplement vissée sur le connecteur 510, elle se démonte en 3 secondes pour accéder au dessous du plateau.
Le pin BF débouche juste sous le coil, il l’arrose directement. De mon point de vue, c’est d’ailleurs en squonker que l’Hypersonic est au mieux de sa conception.

Le coil que j’ai fait ici est en acier (Inowire), il donne une résistance de 0,9 ohm, ce qui est un poil haut, entre 0,7 et 0,8 c’est mieux.

La pose de la mèche de coton n’amène pas de difficulté : chacun choisira de les faire descendre ou non jusqu’au fond de la cuve, comme sur un RDTA.

Ici commencent, non pas les difficultés, mais les contraintes dues à la conception.
Quand on replace le baril, il s’insère entre la base et les mèches, il faut faire attention de ne pas les écraser ou les abaisser trop, il faut même les relever un peu une fois le baril posé.
Mais c’est surtout quand on a besoin de retirer ce baril que, 2 fois sur trois, on embarquera les mèches vers le haut. En général il suffit de les replacer, mais ça les tasse un peu, donc réduit leur durée d’usage.
Ceci étant, il n’y a que peu de raisons de retirer le baril, on va y revenir.

Autre conséquence de la conception : en mode squonk, une fois le topcap/chambre en place, on arrose bien la résistance et les mèches, mais il n’y a pas d’espace pour que le liquide coule dans la cuve. Donc, l’Hypersonic est soit un squonker, soit un RDTA, mais pas les deux à la fois, ou du moins, le squonk ne remplit pas la cuve si on laisse la chambre en place.
En fait, ce n’est pas ennuyeux, le squonking marche très bien, et si vraiment on veut remplir la cuve, il suffit de retirer la chambre et le liquide s’écoulera dans la base.

Pour finir ce tour du propriétaire, la gestion du flux d’air est intéressante. La photo parle d’elle-même : il y a trois petits trous de chaque côté, percés à 25° et convergents vers le bas du coil ce qui produit un flux dynamique et plutôt restreint.

Comme la chambre est fixe (elle doit rester alignée avec les posts et le coil), c’est en tournant le baril qu’on peut ouvrir ou fermer les 6 trous 2 à 2.  Mais cette manœuvre n’est pas évidente quand tout est en place : il vaut mieux retirer la chambre avant de pivoter le baril. C’est contraignant, c’est pas un atomiseur fait pour changer de flux d’air à la volée.
L’Hypersonic est aussi livré avec un baril en polycarbonate, qui marche aussi bien que l’autre, mais dont je ne vois pas l’intérêt : par conception, l’atomiseur ne chauffe pas, et puis sa finition n’est pas terrible. Passons.

La vape hypersonique

Pour vaper, la première chose à faire est de trouver un drip tip : Vaponaute respecte la vieille tradition des moddeurs historiques de ne pas fournir de drip tip, pour que le vapoteur fasse son choix lui-même. Hum… bon… soit.

Mais pas n’importe quel drip tip : il faut qu’il soit bien serré dans son logement. Pourquoi ?
Pour utiliser l’Hypersonic en dripper ou en RDTA avec sa réserve, il faudra retirer la chambre en ultem, sans retirer le baril (pour ne pas sortir les mèches). Or, nous voyons bien sur la photo que rien n’est prévu pour le faire, il n’y a pas de prise.
Cette chambre est assez facile à retirer, le joint tient juste ce qu’il faut, mais pour avoir une prise il faut utiliser le drip tip, qui, en conséquence, doit être assez serré dans son logement, plus que le joint qui retient la chambre.
Rien de grave quand on a trouvé le drip tip qui va bien, mais c’est tout de même dommage de ne pas avoir pensé à ce point lors de la conception : il aurait été facile de mouler une pièce plus facile à extraire.

Ces quelques inconvénients ne doivent pas gâcher le tableau d’un atomiseur très fiable, dont la vape est simplement exceptionnelle.
Sa conception très simple, qui apporte quelques inconvénients de confort, le rend aussi très sûr : il ne se dérègle pas, il ne fuit pas, il supporte bien d’être malmené ou tenu de travers.
Selon qu’on ouvre 2, 4 ou 6 trous, l’inhalation peut être indirecte, assez serrée (mais pas autant que sur un atomiseur turc), directe très restreinte, ou directe restreinte.
La gamme de puissance avec un coil en fil simple, tourne entre 12 et 25 watts, pour une vape tiède, et on peut monter un peu plus pour avoir une vape plus chaude.
Avec une bobine en clapton, je pense qu’il est intéressant d’utiliser les mêmes puissances, en ajoutant un peu de preheat pour diminuer son temps de montée en température.
Il est par ailleurs très silencieux, et le flux d’air est doux, rond, il contribue au plaisir de la vape.

L’Hypersonic a donc toutes les caractéristiques d’un atomiseur strictement dédié aux saveurs, et il est probable que la minuscule chambre d’atomisation et le flux d’air bien dirigé soient, ensemble, responsables de la redoutable précision avec laquelle il exprime les saveurs, et du hit bien présent.
Avec lui, les très bons liquides sont excellents, les liquides subtils sont riches, et les mauvais liquides sont affreux. Sa restitution des saveurs est neutre, avec une tendance à relever les arômes faibles. Le Tallak par exemple est moins sucré avec cet ato qu’avec d’autres, les saveurs de fruits secs sont plus présentes et leur astringence plus perceptible.
Je l’utilise avec le flux d’air maximum, entre 19 et 23 watts selon les liquides, et je l’apprécie particulièrement  avec des fruités, dont il magnifie les saveurs. J’ai mis quelques jours à m’y habituer, parce qu’il est un poil plus restrictif que mes habitudes d’inhalation avec les Squape par exemple, que j’apprécie aussi dans cette gamme de vape.

Je pourrais dire que c’est le meilleur atomiseur du monde et qu’il surpasse mon Narda… mais non ! J’ai déjà exprimé l’idée qu’à partir de ce niveau de qualité, il n’y a plus de “meilleur”, il n’y a que de “l’unique” : on est au top, et la subjectivité de chacun fera préférer la vape de l’un ou de l’autre en fonction de ses goûts. On dit parfois qu’on redécouvre ses liquides avec ce genre d’atomiseur exceptionnel, et c’est le cas ici. Mais ce n’est pas parce qu’il serait “meilleur” : il propose simplement sa vape, excellente, et originale.

Bref, l’Hypersonic est un atomiseur unique, exceptionnel, formidable, que l’on appréciera si on aime la précision des saveurs et la vape pépère à 23 watts en inhalation directe restreinte, et qu’on dispose de très bons liquides.