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Le Dripper (La Box Française) : Cocorico ?

En vrai, c’est quoi, le but d’une revue matos ? Faire le buzz à tout prix en faisant dégouliner les babines de son auditoire façon « labrador qui vous mate quand vous êtes en train de dîner », quitte à arranger la réalité et/ou à raconter n’importe quoi avec aplomb, ou tout simplement dire la vérité ? Je me permets de poser la question, là comme ça, sans préambule et comme un cheveu sur la soupe, parce que le matos dont il est question aujourd’hui s’y prête parfaitement. Alors voilà, pour planter le décor : il y a quelque temps, je suis tombé complètement par hasard sur la vidéo d’un gars – dont je tairai le nom par pudeur – qui passait en revue « Le Dripper », un RDA fabriqué par « La Box Française », un moddeur bleu-blanc-rouge basé à Lyon. Une revue tout ce qu’il y a de plus classique, néanmoins ponctuée par des réactions dithyrambiques au moment d’évoquer les sensations de vape obtenues. Jugez vous-même : puff : « Le rendu… le rendu est ultra-précis, c’est très impressionnant » … re-puff : « Franchement, pffff, c’est… whaowww… » … re-re-puff : « Cest… pffff, c’est vraiment une petite tuerie ce truc… » … re-re-re-puff : « Pfiou, c’est juste fabuleux, on sent bien les arômes, c’est… whaoww… Franchement c’est du pur bonheur ce truc-là… » … re-re-re-re-puff : « Alors le rendu bah j’vous l’ai déjà dit, c’est fffffff, ouais, c’est …voilà … ». Bon j’arrête là, mais vous voyez le délire : le mec se trouve devant un matos tellement hors norme qu’il ne trouve plus ses mots ! Forcément, moi, quand j’entends des trucs comme ça, j’ai le cerveau qui bugge et qui switche instantanément en mode « neuneu achat compulsif ».

 

Face à ça, deux possibilités : soit ce que dit ce guss est vrai, et dans ce cas il me faut absolument me procurer en urgence ce matos avant qu’il soit hors-stock, soit c’est carrément un de ces putains de mange-merde prêt à baisser son froc et pourrir sa réputation d’envergure régionale, dans le simple but de « vaper gratos » en faisant de la pub mensongère à son pote qui lui a gracieusement fourni le matos. Alors, bluff ou pas bluff ? Évidemment, comme au poker, y’a pas 36 possibilités de le savoir : faut payer pour voir. Ok, sauf que là, la relance est quand même à 130 balles… Alors ?? Alors c’est sacrément pas donné, mais en même temps, ce serait quand même ballot de passer à côté d’un dripper exceptionnel… Attends 2 secondes, bouge pas mon pote, j’reviens ! Comme il est tout-à-fait hors de question que j’affame une nouvelle fois mes gosses à cause d’un matos high-end dont on m’a vanté les mérites, je dégaine mon portable, et j’appelle un de mes dealos préférés : Gheorghe Pastek, un mec de l’Est. Trop cool, il a la came en stock, pour la modique somme de $7.87 ! Bon ben voilà, c’est réglé. Alors, tu bluffes Martoni, ou pas ? On va enfin en avoir le cœur net, et pour pas cher en plus ! Allez c’est parti, revue express, totalement freelance, et totalement transparente. 25 minutes à battre !

 

Le Dripper

« Le Dripper » est un tout petit machin de 22mm de diamètre, 23mm de haut avec drip-tip, et 15 grammes sur la balance. Dimensions rikiki donc, tout comme le nombre de pièces composant l’ensemble : 3 ! Une bague d’airflow, un baril/drip-tip, et un plateau.

 

Une conception minimaliste ! Toute la question est de savoir si elle tient du génie, ou plus vraisemblablement de l’escroquerie… Approchons-nous, ça nous aidera peut-être à apporter un semblant de réponse.

Commençons par le plateau : une simple photo fera beaucoup mieux le travail que n’importe quel commentaire :

 

Ça calme, hein ?? Une cuve plus basique tu meurs, au milieu de laquelle trônent les pôles positif et négatif, constitués par 2 lamelles superposées et isolées l’une de l’autre par une mini-couche de peek, et qui se démontent en dévissant le pin 510. Les 2 vis de serrage à empreinte plate sortent de nulle part : elles sont énormes – génial, on va pouvoir y fourrer tout type de fil exotique de-la-mort-qui-déchire-sa-çeura ! – et chacune d’elle est prise en tenaille par 2 petits ergots, forts bienvenus : techniquement parlant, ça nous promet un montage simplissime !

 

On passe la seconde, pour commenter rapidement le baril/drip-tip : il est tout en plastique – sans doute en Ultem comme sur l’original – et d’un seul tenant, ce qui veut dire qu’on peut d’ores et déjà oublier toute idée de customisation : pas cool, notre drip-tip favori restera au placard.

 

Les arrivées d’air sont situées sur le haut du baril, de part et d’autre du drip-tip.

 

L’intérieur du baril est la raison première pour laquelle j’ai succombé aux sirènes du Dripper : l’ovale central forme une chambre d’atomisation minuscule, laissant augurer une vape hyper-saturée en saveurs.

 

On voit très distinctement les 2 grosses arrivées d’air, mais en réalité, une fois le baril mis en place sur le plateau, les 2 gros trous latéraux viendront se poser sur les têtes de vis du plateau, si bien que les seuls endroits où l’air pourra passer se situent au niveau des 2 petits traits rouges photoshopés sur l’image précédente.

La gestion du flux d’air se fera quant à elle grâce à une bague d’airflow en acier percée de 2 rangées de 5 trous de 1.2mm diamétralement opposées, qu’il faudra ajuster minutieusement pour boucher plus ou moins les 2 fentes encore photoshopées en rouge sur la photo suivante (bien moisie : y’a encore du boulot pour maîtriser les flous, désolé) :

 

La Vape Du Dripper

Je vais être cash : j’ai bien cru que cette revue ne verrait jamais le jour, tant il m’a longtemps semblé évident que « Le Dripper » était une daube finie dont la place légitime était la benne à ordures et nulle part ailleurs. Mais comme je suis plutôt du genre à pas lâcher l’affaire comme ça, j’me suis acharné et j’ai bataillé comme un ouf’ pour dompter ce petit bout de plas-tal ridicule, et je crois qu’au final, on tient là un truc improbable qui délivre, dans son domaine, une vape de l’ordre de l’exceptionnel.

 

Mais attention, je préviens : d’une part, le seul montage que je trouve viable nécessite de la précision dans la mise en œuvre, et d’autre part, toutes les autres tentatives de montage se sont soldées par des échecs plus cuisants les uns que les autres. En d’autres termes, « Le Dripper » et la versatilité, ça fait deux !

De plus, ce RDA n’est pas fait pour changer d’airflow « en cours de vape », car si la bague s’avère assez smooth à manipuler, il faut en revanche s’arracher littéralement les yeux pour « savoir où on en est » au niveau des trous ouverts ou fermés. En fait, dès qu’on veut changer d’airflow, il faut retirer la bague en métal complètement et la réajuster, c’est encore le plus simple.

Quant au pin BF, je vous conseille vivement de le laisser là où il est le mieux : dans son sachet de spares ! Le remplissage par le bas est une vraie catastrophe, qui se traduit, au choix, par : du brûlage de truffe avec du liquide bouillant, ou du buvage de liquide en bonne et due forme. Voire, si vous êtes chanceux, les 2 à la fois ! Je sais, j’utilise des mots qui n’existent pas, mais c’est parce que l’autre trompette m’a gonflé grave, à occulter ces légers points de détail, alors je fais c’que j’veux !! Tu crois qu’il l’aurait dit tout ça, l’autre clown empaffé ? Bien-sûr que non, vu qu’on lui a gentiment offert tous les accessoires disponibles du Dripper (cloche en ultem ambré et cloche en quadrant), détail qui aurait dû me mettre la puce à l’oreille. Du coup, ne vous fiez pas à la photo à venir, c’est juste pour le style :

 

La cuve du bouzin étant ridiculement petite, il vous faudra donc recharger la bête souvent, et « à l’ancienne » en soulevant le baril par le drip-tip. Voilà pour les réjouissances ! En somme, « Le Dripper » est donc un petit teigneux caractériel peu propice à la diplomatie, ce qui ne conviendra pas à tout le monde !

 

NÉANMOINS, si en dépit de ces petits désagréments, totalement insignifiants au regard du prix réclamé par Corentin pour « Le Dripper », vous osez tenter l’aventure, vous aurez le plaisir de goûter à une vape typée, avec une vraie identité : douce et particulièrement sèche, mais extrêmement riche en saveurs, avec un volume de vapeur conséquent et une saturation sortie de la 4è dimension. Mais attention, vous ne sentirez pas cette saturation dès l’inspiration, comme sur un Hypersonic par exemple. Au contraire, avec « Le Dripper », c’est à l’expiration que tout se passe ! J’ignore si ce résultat est voulu et n’est autre que la conséquence logique des « canaux de transfert », un système d’air piqué à la mécanique moto et au moteur 2 temps, mais les faits sont là : à l‘expiration, les saveurs s’agglutinent en fond de palais et fond de langue, de manière surchargée et persistante. Même après la bouffée, lorsque l’on frotte la langue sur le palais, on continue de sentir et de détailler les saveurs inspirées précédemment, c’est totalement bluffant ! Je sais, ce petit laïus n’engage que moi et ne pèse pas bien lourd dans la balance tant les points négatifs sont nombreux, mais… c’est fait exprès ! À vous de voir…

Je pense que les 9/10è d’entre-vous ont d’ores et déjà mis les voiles et repris une activité normale, mais pour ceux qui sont encore là, on va quand même voir le montage à mettre en œuvre pour tutoyer les sommets vapistiques.

 

Montage du Dripper

Dans l’absolu, rien de compliqué ! Micro-coil de 6 tours et demi de « MTL Fused Clapton » SS316L de chez Coilology, sur un diamètre de 3mm. Entre nous, vu le prix du Dripper, je vous recommande chaudement d’ajouter au panier le fil utilisé dans cette revue.

 

Juste un petit mot sur « pourquoi ce fil et pas un autre ? » : c’est tout simple. Compte tenu de la configuration du circuit d’air de ce dripper, le cahier des charges n’était pas évident : il fallait un coil bien large et avec une grande surface de chauffe, mais qui en même temps ne descende surtout pas trop dans les ohms. Oui parce que vous l’avez vu comme le pif de Zlatan au milieu de sa tronche, le drip-tip intégré est vraiment très court, donc coil trop bas dans les ohms = brûlage (je fais c’que j’veux, j’vous ai dit) de groin assuré.

Le coil proposé ici sort aux alentours de 0.7 ohm. Du coup, sur la HexOhm, c’est pas terrible, et en méca, c’est carrément minable. Par contre, sur électro à 25 ou 26 watts, ce n’est plus du tout la même chanson : c’est superbe ! Ça chauffe juste ce qu’il faut pour condenser les saveurs au maximum sans se cramer la truffe pour autant.

Petite précision fondamentale, qui fera passer « Le Dripper » du statut de bouse internationale à celui de rock-star planétaire en un battement de cil : une fois vissé sur le plateau, le coil devra impérativement être très légèrement relevé, de façon à ce qu’il y ait un micro espace entre le bas du coil et les têtes de vis. Pas aussi important que sur la photo à venir, où c’est trop surélevé, mais à contre-jour, l’idéal serait tout de même de voir un minuscule jour :

 

C’est vraiment là qu’il faudra faire l’effort, et faire étalage de ses talents d’horloger suisse ! Si l’espace est trop grand, vous le sentirez direct par des saveurs non saturées.

 

Le cotonnage quant à lui est relativement simple : il doit être généreux, du genre à frotter à presque se bloquer à l’intérieur du coil, sans toutefois être tassé. Contrairement à ce que la photo suivante laisse penser, les moustaches ne devront pas dépasser, et être coupées à fleur du plateau, avant qu’un très léger peignage ne vienne achever l’opération.

 

Dernier petit truc : après imbibage des mèches, il conviendra de repositionner le coton en le plaçant délicatement le plus près possible du centre du plateau, et de façon à ce qu’il touche le fond de la cuve.  Ah oui, j’allais oublier : évitez à tout prix de mettre trop de liquide et qu’il y en ait dans le fond de la cuve. Vous le ferez peut-être une fois, pour voir ce que ça fait, mais à mon avis pas deux ! Un dernier petit effort sera nécessaire pour ajuster correctement la cloche sur le plateau : prenez les grosses vis comme repère, mettez le ovale central dans le sens du coil, et tout se passera bien, il n’y a aucun besoin de forcer ! Ah, oui au fait, avant de partir : je n’ai rien dit sur le réglage d’airflow : personnellement, je l’ouvre à 2 trous, pour une vape DL restreinte un poil plus aérienne que l’Hypersonic. À un trou, on est sur une vape DL très restreinte, mais certainement pas MTL. Et à partir de 3 trous ouverts, on passe sur ce que j’appelle du DL. À 5 trous, on n’est pas du tout sur du DL restreint comme on peut le lire ou l’entendre sur les autres revues disponibles : on est dans le clairement aérien ! Mais dans cette configuration, « Le Dripper » est peut-être ce qui se fait de pire en dripper en 2019, aucun intérêt !

 

Voilà, il est à présent grandement l’heure de conclure cette petite chronique d’un carnage annoncé, alors que dire pour finir en beauté ? Que ce Dripper offre une vape à mon sens hors du commun (si et seulement si il est correctement monté) ? Déjà dit ! Alors je lâcherai juste une info, comme ça, en loozedé, dont chacun fera ce qu’il veut en son âme et conscience : « Le Dripper » est présenté par La Box Française comme « le luxe à la française », et vendu au tarif qui va avec, mais il faut savoir qu’il est entièrement usiné… en Chine, sans que cela ne soit spécifié nulle part sur le packaging de l’original. Voilà, j’dis ça, j’dis rien, c’était juste pour informer…

Le Dripper : le luxe à la française, vraiment ?

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Ecrit par Clandestino

Passager clandestin du Navire pendant des années, les rats ont failli avoir ma peau dans les soutes, alors j'ai dû quitter ma planque. Mais maintenant que je suis à découvert, pas le choix, je vais filer un petit coup de main à l'équipage, en toute subjectivité bien-sûr. Pas envie de finir balancé aux requins... Loin d'avoir l'expérience et la roublardise des vieux loups de mer qui sévissent sur ce rafiot, je vais humblement commencer par aller frotter le pont, histoire de pas faire de vagues.

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