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Le Chimiste anglais Psychopathe 1/2

Il a quand même morflé Harry Potter !

Il y a bientôt deux mois, ma chasse à la découverte avait mené mes pas de loups à Paris, pour un événement dont je vous ai déjà narré l’une de mes aventures. Lors de ce périple, j’ai croisé un stand tout droit sorti de l’esprit de J.K. Rowling, et j’avais pris leur carte pour la transmettre à mon shop local, afin qu’il découvre l’existence de ces doux-dingues anglais.

Il a quand même morflé Harry Potter !
Il a quand même morflé Harry Potter !

L’histoire aurait pu s’arrêter là (et ne pas être la source d’un article du coup ! ), mais il s’avère que lors d’une ballade sur la Place de Bretagne de ma douce ville, le gérant du shop sus-mentionné m’a interpellé pour m’annoncer l’arrivée d’un colis d’outre-Manche, et proposé de tester en détail l’une des gammes de chez Bowman’s Specialised Liquids, j’ai nommé la gamme « Psycho Chemist ».

C’est donc avec l’enthousiasme de la bonne surprise que j’ai retroussé mes babines, préparé mes deux outils de tests (un dripper derringer monté en single coil, 1 ohm, sur un Némésis en 18500 et un Kayfun 4 à 0,8 Ohms sur une Evic Vt à 22 W) et émis un long grognement de satisfaction à l’ouverture de ces flacons colorés…

Un packaging de qualité, ça donne envie.
Un packaging de qualité, ça donne envie.

Première impression, sur la présentation : les fioles de 20 mL, à pipettes, sont ornées de couleurs vives, et délivrées dans leurs écrins en carton épais. C’est un point qui m’intéresse : le voyage de ces doux élixirs étant assez long, les savoir à l’abri des chocs et dans le noir est une marque d’attention envers le consommateur. Et puis avouez : il vous rappelle votre prof de chimie au lycée, non ?

Bon, trêve de bavardage, abordons le vif du sujet, et commençons par un grand classique.

Les produits laitiers, des sensations pures.
Les produits laitiers, des sensations pures.

Est-il encore nécessaire de citer toutes les sources d’inspiration de ce juice ? L’association de saveur a été popularisée il me semble par le Lapin Suicidaire, et les différentes contestations qui ont été élevées sur sa composition… Il n’en reste pas moins un classique de la vape actuelle, et s’y frotter relève de la gageure… Qu’en est-il de la vision anglaise ? Et bien malgré l’important à-priori que j’avais sur cet incontournable, ce fut le premier énorme coup de cœur de la gamme : nos camarades britanniques ont travaillé autour de l’ordre d’arrivée des saveurs, avec en entrée un doux goût de lait concentré faiblement sucré, sans le moindre écœurement, et à la sortie une touche maîtrisée de fraise fruit, qui reste un peu en bouche mais sans jamais évoquer le coté gras que j’avais ressenti sur l’original. J’en achèterais avec plaisir à l’occasion !

Passons à la suite, avec le Blue Rayne

Une référence à Prince peut-être ?
Une référence à Prince peut-être?

Alors, de quoi parlons-nous ici ? D’après la description, nous devrions rencontrer un mélange de framboise, mûres, amaretto et d’un ingrédient secret. A l’ouverture, la présence de l’amaretto est indéniable : il s’échappe de la fiole un mélange d’odeurs d’amande, presque de frangipane, et une petite pointe acidulée. Ces volutes séductrices m’ont donc poussé à remplir mon tank impatiemment, et à tirer une grosse barre avec avidité, et là…… Pouah ! La mauvaise surprise que voilà ! Les baies sont bien présentes, la touche de bonbon aussi, mais l’amaretto, comment vous décrire cela ? Il est trop présent, il tapisse la bouche et laisse une sensation amère déplaisante sur la langue. Pour les pâtissiers amateurs, vous connaissez peut-être cette sensation, celle qui reste en bouche lorsque vous avez lu dans une recette « 1 cuillère à café d’extrait d’amande amère » et que par gourmandise, vous y avez mis 2 louches à potage… Bref, à réserver à certaines papilles, mais certainement pas aux miennes !

Next !

Bah, il est ou Mickey ?
Bah, il est ou Mickey?

Essayant de me remettre de mes émotions, je tournais avec prudence mon attention vers le suivant, nommé Fantasia. La description est énigmatique, parlant d’un « mélange bien orchestré de fruits juteux avec un twist des Caraïbes ». Pendant que mes doigts s’occupaient du remplissage, j’imaginais déjà un cocktail de type punch, avec une note de rhum, ce que mes narines semblaient confirmer. Et bien si c’était le but, c’est raté ! On se retrouve ici avec une note certes fruitée, mais aussi une note épicée très étrange à l’entrée, et une sortie aux fruits jaunes agréable, mais surtout un goût résiduel très désagréable, type lait de coco ouvert depuis 2 mois… Encore une déception ! Et cela ne va pas s’améliorer tout de suite…

Du café vu par des buveurs de thé, faut pas s'étonner
Du café vu par des buveurs de thé, faut pas s’étonner

Alors là, on frise la catastrophe industrielle : dès l’ouverture, l’odeur de café artificielle met la puce à l’oreille. Elle me fait penser à la description de mon nectar préféré faite par quelqu’un qui n’en aurait jamais bu : amertume, force de l’odeur de grain chaud, note presque brûlée de torréfaction. La dégustation fut la pire expérience de la semaine : goût amer insupportable, odeur résiduelle infâme, j’ai été jusqu’à faire tester le juice par des amis, et tout le monde est unanime : invapable !

Cette gamme est-elle donc vouée à une bonne réinterprétation et des recettes originales ratées ? C’est avec la seconde réinterprétation d’un grand classique que va s’achever cette première partie :

On se demande bien quelle est la source d'inspiration
On se demande bien quelle est la source d’inspiration

Dois-je évoquer ici en détails le Snake Oil ? L’élixir de jeunesse de mon camarade Lodse est décrit en long, en large et en travers sur le net, et le savoir faire de son créateur lui a attiré un succès qui me semble bien mérité. Nos anglo-saxons se sont ici habilement approprié le mariage de saveurs, en nous proposant des notes d’agrumes à l’inhalation, un hit frais et boisé qui rappelle les bonbons des Vosges en plus doux, et une sortie sur des notes de badiane persistante. Nous avons ici à faire à un travail d’orfèvre, qui contraste fortement avec les trois liquides précédents, à croire que notre chimiste psychopathe est également schizophrène ! Les saveurs sont variables en fonction de la température de la vapeur et de la longueur des barres tirées, avec même une petite touche de fruits rouges ou de baies acidulées par moment, pour un équilibre grandiose. Bref, un bonheur, et une très belle découverte.

Notre voyage en terres anglaises n’est pas fini, mais je vous parlerais de la deuxième moitié de cette gamme surprenante et inégale une prochaine fois. En attendant, bonne vape et merci de votre lecture !

Ecrit par Cap's

Dany, fondateur du Danyvape et de Danyworld
Plus de clopes depuis le 1er jour, le 21 sept 2012...
À l'abordage !!

19 Comments

  1. Belle description, merci.
    Les flacons ressemblent à ceux de Swoke.
    C’est marrant la vape, des stands déjantés et très beaux de la part des USA et UK avec assez peu de moyens : Harry Potter, Vampire, Réanimator, etc.
    La mise en scene des stands que j’ai vu avec aussi Twelve vapor et tous les autres est bien unique à la e-cig et je ne pense pas que l’on constate la même chose dans les autres salons.
    La vape est encore libre et n’a aucune limite d’imagination même si au final on retrouve toujours les même liquides et que tout a déjà été testé.
    On est là avec un magnifique stand et lorsqu’on goute les produis…Ben c’est toujours la même chose…
    J’aurais du faire un article photographique sur tout ça car le visuel en valait la peine mais ce n’est que partie remise! ;-)

    • Holà Capitaine ! Merci pour cette publication !
      Je suis globalement de ton avis: le marché du liquide est en train d’atteindre un palier en termes de créativité, et donc d’en franchir un en terme de marketing. Je pense que même s’il reste des choses à faire, la majorité des idées de recettes à désormais été tentée. Pour se démarquer, il reste donc la copie / hommage /reinterpretation, et la communication.
      Le nombre de visuels accrocheurs qu’on a pu rencontrer à Paris lors de la dernière escale, ainsi que la quantité de liquides « déjà vu-like  » illustrent cette tendance à mon sens.

  2. Chouette revue, bien écrite et agréable à lire, sauf que…

    Sauf qu’elle est du genre à réjouir Porky (le cochon-tirelire) avec trois liquides peu encourageants sur cinq produits ! Cette gamme Psycho Chemist ressemble fort à un montage marketing habile où le concept des étiquettes tente de masquer un contenu de fioles composé de stars du genre réinterprétées. La misère ! On ne compte plus les liquides qu’une allusion à tel ou tel glorieux ancêtre suffit à décrire. :cry:

    Heureusement il reste le Grumpy’s, jamais imité et donc jamais égalé. B-)

    Une question tout de même, dont je m’excuse par avance du côté moisi… Ces « Blu Rayne », « Fantasia » et « Costabomb » si peu attrayants ont-ils subi un steepage suffisant avant dégustation ? La jeunesse pourrait expliquer ces arrières goûts désagréables et déséquilibrés qui t’ont déplu… Enfin peut-être… :unsure:

    Enfin, si le goût de « Cobra Venom » évoque « Snake Oil », son étiquette rappelle assez nettement la pochette douteuse du « Come And Get It » de Whitesnake… Psycho Copier ?

    • Bonjour et merci pour cet avis !

      Concernant cette gamme, il y a une deuxième partie (10 liquides en tout), et sans tout spoiler, disons que le pire est passé ;-)
      Même si cela n’engage que moi, je pense surtout qu’il s’agit d’une marque un peu jeune qui a péché par excès d’ambition : sortir une dizaine de liquides d’un coup, quand on a en plus des papilles anglaises, c’est culotté :whistle:

      Concernant le steep, j’y ai effectivement pensé à la veille de rédiger cet article… J’ai donc envoyé un mail au service client, et j’attend une réponse, mais je sais déjà qu’ils ont au moins eu 7 jours de maturation entre la réception et le début des tests, donc 10 minimum en comptant la traversée. Je n’exclue néanmoins pas un deuxième test de ces trois là d’ici quelques temps, on ne sait jamais… B-)

  3. 2 produits sur 5 qui sont vapotables, joli score :yahoo:
    On dirait mon test des Solubarome.
    Ceci dit, j’aime bien qu’en on dit du mal, ca parait bien plus honnête comme ça, et quand je vois les reviews sur cette gamme…. a ba justement, j’en trouve pas :scratch:
    Le seul endroit où on arrive à avoir des avis, c’est chez Génericlop (mai je n’ai pas cherché pendant des heures non plus), et sur les 8 produits vendus, tous dépassent les 4.5/5.
    Alors soit Wolf a des papilles en carton, soit… non, ça doit venir des papilles :)

    • *petite erreur de frappe, désolé ! La houle n’aide pas !*

      Merci pour ta lecture.
      Concernant mes papilles, ce qui est certain, c’est que je ne partage pas les goûts britanniques, ce qu’un voyage l’été dernier m’a confirmé d’un point de vue culinaire… :-(
      Toute la gamme n’est pas à jeter pour autant, il y a un vrai côté « Jekyll & Hyde »: à moins que ce soit par erreur, leurs réinterprétations des classiques sont vraiment bien pensées !

  4. Un truc curieux. Quand nous étions accros aux tueuses, rien n’aurait pu nous détourner de notre poison favori. Nous avions « notre marque » et pas question d’aller voir ailleurs. Un retrait du marcher était vécu comme un drame personnel.
    Avec les juices, c’est une autre histoire. On fait des testes, on explore, on se diversifie, on attribue tel liquide à tel atomiseur et tel autre à tel dripper…
    Enfin, quand j’écris « on », c’est une manière de dire. Personnellement, je tourne sur deux all days et demi, pas plus. Mes tentatives de diversifications se sont soldées par de trop nombreuses déceptions.
    Il faut dire qu’en Belgique, les shops sont rares et souvent indigents, que les produits nicotinés sont en principe interdits à la vente et que les frais de port refroidissent généralement mes velléités d’aventures extra belgicaine. Heureusement qu’il reste le « hardware » pour me garder en éveil et faire pleurer Cochonnet (le copain de Porky).
    Pas de soucis Wolf. Je t’ai lu et te lirai tout de même avec intérêt. Merci pour ton partage. :good:

    • Hello MadZMax, je dirais qu’entre la tueuse et la vape, la grosse différence est l’addiction. Une des règles que j’ai constaté, c’est qu’en matière de vape, il ne faut surtout pas être fidèle. Comme rien ne nous rend accros à l’ecig, on arrive à palier ça en changeant de matos ou de liquide. Un nouvel ato et hop, notre allday est transformé. On arrive à trouver un nouveau liquide et comme par magie, la machine est relancée. Avant on avait le choix entre un goût tabac et tabac, maintenant on a des centaines d’arômes.
      Et puis l’ecig à deux atouts que n’a jamais eu la tueuse : c’est ludique et évolutif. Donc oui, pour les plus curieux d’entre nous, on va tout explorer, modifier, créer et découvrir ainsi de nouveaux horizons :yes:

    • @MadZMax
      Les Français font le plein de clopes en Belgique, les Belges prennent leurs liquides nicotinés en France… Tout est normal. J’avais été surpris par les limitations appliquées sur la e-cig en Belgique que je voyais plus cool sur ces choses-là.

      @Trob
      Franchement, je me sens accro à la eCig… Moins qu’à la clope puisque je peux aller faire un tour sans emporter d’ato alors que je ne me séparais jamais de mon paquet de cigarettes mais accro quand même.

      Les achats de liquides et de matos à vaper ont entretenu l’intérêt pour la e-cig et ont certainement contribué à l’éloignement de la cigarette, une addiction en remplaçant une autre. Il y a des liquides que j’ai bien aimés que je ne peux plus vaper, limite ils me filent la gerbe alors que j’ai fumer les mêmes clopes pendant des années, n’en voulant surtout pas changer… :wacko:

    • La réflexion de Trob est intéressante. Dans mon entourage, je connais plusieurs fumeurs qui ont essayé l’ecig. La plus part l’on abandonnée pour retourner au tabac. J’imagine qu’au bout d’un temps leur kit de base est apparu non satisfaisant.
      Soit l’ecig permet de se sevrer et le problème est réglé , soit on tombe comme beaucoup sur le bateau dans la « geekerie ». La vape devient alors un hobby, une cause à défendre pour certain. Personnellement, c’est le matos qui me branche. Plus que les liquides, pour les raisons que j’ai évoquées, mais le résultat est le même. Les expérimentations, les tâtonnements, les déceptions parfois, entretiennent l’intérêt et nous relancent si besoin est.

      Pour les belges, une bonne nouvelle est tombée cet automne. Le Conseil Supérieur de la Santé (un peu l’équivalent du Public Healt England pour les britanniques ) vient de revoir ses positions et a rendu un avis positif sur la cigarette électronique. Il reconnais qu’elle est infiniment moins dangereuse que le tabac, reconnaît son intérêt en vue d’un sevrage et recommande que la vente des liquides nicotinés soit autorisée. Dans la foulée, le CSS recommande également que la vente des produits liés à la vape soit réservée à des commerces spécialisés dans le domaine (exit les pharmacies, les grandes surfaces et les buralistes). Une véritable révolution que tous les médias de mon petit pays ont amplement relayé.
      Mais cet organisme reste par ailleurs politiquement prudent et ne bouscule pas trop les principes de la TPD. Wait and see…

    • Cet assouplissement serait certainement une bonne chose pour la vape belge… Je trouve pour ma part inutile et déplacé d’interdire la nicotine dans les liquides quand le tabac est en vente libre mais cela dépend bien sûr des lois en vigueur dans chaque pays. La nicotine pharmaceutique liquide n’est a priori pas soumise aux mêmes réglementations que celle contenue dans les feuilles de tabac et cela peut se comprendre mais la e-cig amène de nouveaux paramètres qu’il faut prendre en compte, si possible intelligemment.

      J’ai eu l’occasion de taper un peu la discut’ avec un gérant de boutique à vaper lors d’un séjour à Bruxelles, il m’a dit faire venir des liquides de France sur demande de ses clients. J’imagine que les particuliers ne se gênent pas non plus pour commander en France, en Allemagne, en Angleterre ou aux Etats-Unis même si la douane belge semble un peu plus regardante que son homologue française si j’en juge par les quelques témoignages lus sur le Navire.

      Le législateur obtus constatant que d’honnêtes citoyens se lancent dans la contrebande durcit aveuglément les règles, le législateur respectable s’interroge et essaye de comprendre ce qui se passe…

    • Bien dit !
      En ce qui me concerne, jusqu’ici et au terme de deux ans de trafic frénétique avec la France, aucuns problèmes avec les gabelous. Question de chance peut-être…

    • Belle revue comme d’habitude sur le bâteau.

      Mais je sais pas pour vous mais j’éprouve une sorte de lassitude sur les liquides en général. Tout d’abord le prix que je trouve prohibitif, je ne vape pas le packaging !
      La valeur ajoutée que je trouve faible par rapport à mes DIY. 30 ml doivent me revenir à 0,7 €, et je n’ai pas un surplus de plaisir suffisant pour justifier la différence.
      J’ai comme l’impression que ça tourne en rond et que la vapologie c’est un peu du bidon.

  5. Bonjour, j’ai pu lire un commentaire sur un de vos produit le ( mother’milk ) c’est pourquoi je vous demande en toute sicérite,si il serait possible que vous m’en envoyer un,sa trés sympathique de votre part et par la suite de vous en en recommender

    • Danyvape est un blog pas un site de vente…
      On ne peut rien t’envoyer mais tu pourras toujours commander ce qu’il te plait à nos partenaires.