“Ah, y fait pas beau, la neige ça craint, y faudrait un bon vieil article du gars Nesquick traitant d’un matos bien naze et bien obsolète dont on aurait rien à talquer !”.
Et bien voilà, aussitôt dit, aussitôt fait puisque nous allons sans plus tarder évoquer le mod mécanique Black Oak, conçu par les Polonais de Continental Mods, produit à quelques 200 exemplaires il y a plusieurs années, vendu à l’époque pas loin de 400 boules pièce et aujourd’hui à peu près introuvable.
Oh bien sûr, je n’ai pas mis cette somme dans la copie chinoise dont il va être question ici mais j’ai quand même du traquer un de ses derniers exemplaires disponibles jusqu’au lointain Texas et mettre en route la mécanique Shipito pour le rapatrier en France alors j’espère que les puristes de l’original ne m’en voudront pas trop. Remarquez, l’opération ne m’a pas ruiné puisque j’ai touché le Black Oak soldé et deux Timber liquidés en mode “buy one, get one free” pour moins de $60, tous frais de port compris mais il a fallu attendre presque trois semaines, trembler chaque jour devant les compte-rendus laconiques des suivis de transporteurs avant de voir enfin le paquet niché au fond de ma boîte aux lettres.

Qu’est-ce le Black Oak ?

Le Black Oak est donc un mod mécanique bizarrement foutu qui se démonte en trois pièces principales comme le montre la photo ci-dessous :

On peut sur cette photo identifier des composants habituels d’un mod, à savoir de droite à gauche un bottom-cap, un gros switch bien costaud et un corps artistiquement sculpté. Comme je ne parviens pas à trouver la bonne approche pour décrire ce mod un peu hors normes, nous pouvons commencer par démonter le switch histoire de gagner du temps.

Là, on est en terrain connu avec un bâti, un ressort, un bouton et une vis pour fixer le tout. Autant le dire tout de suite, l’usinage des différentes pièces n’est pas un modèle du genre, le bouton se révèle un peu dur et grinçant à l’usage. La tendance est à l’assouplissement après quelques jours d’utilisation, espérons qu’elle s’affirmera avec le temps. Le boulot est néanmoins assuré correctement, le bouton ne chauffe pas et je n’ai pas jusqu’ici rencontré de miss-fire en usage quotidien.

Maintenant que les idées sont plus claires, disons que le Black Oak présente, comme quelques uns de ses contemporains, un connecteur 510 déporté sur le bottom-cap. En fonctionnement normal, l’atomiseur traverse la partie scupltée du corps pour venir se visser au connecteur, il se retrouve alors protégé et en partie dissimulé par les sculptures ajourées ornant le corps du mod. “Mais”, objecterez-vous avec à propos, “ton mod là… Il ne prend que des atomiseurs gigantesques ? Parce qu’un dripper plongé là-dedans…”. Et bien justement, le Black Oak est livré avec quatre plots positifs de différentes hauteurs taillés dans une matière située quelque part entre le bois, la résine et le plastique !

Comme on ne sait toujours pas précisément où on va dans cette histoire, je propose de retenir au hasard le second plot en partant de gauche, celui qui n’est pas le plus petit ni celui de taille moyenne inférieure pour la suite de l’exposé.

L’avantage majeur de se casser la nénette à faire des belles photos, c’est que ça fait gagner en commentaire. Vu que tout est parfaitement limpide sur le cliché ci-dessus, nul besoin d’enrobage oiseux et hésitant pour décrire ce qu’il y a sur l’image, il suffit de regarder. Alors du coup, on gagne un temps fou et on est encore frais et attentif au moment de saisir la vis de cuivre entre le pouce et l’index pour la visser sur le bottom-cap.

Ah, j’adore cette photo ! Le bois rustique, patiné comme un vénérable buffet breton… Tout ici respire l’authenticité, on s’attendrait presque à entendre murmurer les fissures vénérables de cette magnifique pièce d’ébénisterie, nous contant les exploits de Gengis Khan. Mais bon, on est pas là pour s’émouvoir mais pour souligner le câble rouge à peine visible reliant le plot positif fraîchement placé à la vis cuivrée de gauche, celle qui sera en contact avec l’accu. Laissons notre chouette bottom-cap de côté et vissons maintenant le plot choisi arbitrairement au corps du mod, à l’emplacement prévu pour l’accueillir.

Armés d’un tournevis cruciforme de taille judicieusement adaptée, nous pouvons maintenant fixer le bottom-cap équipé de son plot positif de cuivre au corps du mod.

Ouais c’est pas encore clair en mode limpide comme de l’eau de roche, toute cette affaire. Peut-être qu’une vue aérienne du mod améliorerait sensiblement les idées ?

Voilà, le gros trou du haut correspond au logement de l’accu, ce dernier faisant contact grâce à la vis de cuivre du fond lors d’une pression sur le bouton du switch vissé sur le filetage tandis que le trou un peu plus étroit du bas recevra en son connecteur 510 l’atomiseur choisi pour équiper le mod. Ah, je sais pas vous mais pour moi, ça commence à prendre forme ! D’ailleurs, allons-y pour l’accu.

Un adaptateur 18650 est fourni avec le mod mais notre Black Oak mange nativement du 26650, c’est à mon sens un de ses atouts vis à vis des autre machines de même type rencontrées lors de mes recherches tel le Kato décrit ici par MadZMax, souvent limitées à des formats plus modestes. Une vue aérienne ne servira sans doute pas à grand-chose mais vu le succès mondial remporté par la précédente ci-dessus, en voici une supplémentaire.

À ce stade de l’aventure, il ne reste plus qu’à visser le switch sur le filetage qui va bien pour contempler le Black Oak prêt à l’usage, des myriades d’étoiles dans les yeux.

Pourquoi le Black Oak ?

Et bien ce fut une erreur de ma part. Je cherchais en effet un presse-purée adapté aux pommes de terre de petite taille quand, mû par la force de l’habitude, mon navigateur favori échoua sur le portail FastTech. La traduction automatique étant à dreuze ce jour-là, je me mépris sur la langue affichée, prenant le mandarin pour un patois pratiqué dans le Nord-Est de la province de Sui-Chian. S’en est suivi une confusion entre “presse pomme-grenaille” et “mod box à vaper”, je me suis retrouvé devant ce Black Oak, persuadé d’avoir affaire à un ustensile de cuisine bien pratique. Énervé par des “discontinued” et des “out of stock” à répétition, je me suis mis à le chercher partout en mode compulsif, tel une machine à trouver totalement déconnectée de l’objet concerné. C’est ainsi que… Quoi ? Je raconte n’importe quoi ?

Hum… Bon. Une image valant un long discours, voici la vraie raison de ma recherche de ce mod !

Oui, c’est bien un Corona ou du moins un atomiseur lui ressemblant bigrement. Ce truc vape superbe mais voilà, il est grand, trop grand, tellement moche qu’il en devient pas sortable. Alors bien sûr, le FEV aussi est grand et moche et ce n’est pas pour ça que je me suis mis à remuer la planète qui vape pour trouver un mod capable de le planquer mais voilà, le Corona marche vraiment très bien et j’avais envie d’un peu plus de grâce le concernant. Alors je dis pas que le Black Oak est la huitième merveille du monde au plan esthétique mais il accepte le Corona pile-poil sur le plot positif choisi parfaitement au hasard tout à l’heure et c’est exactement ce que j’en attendais.

Quelques chiffres, peut-être pour étayer le propos ? Le Black Oak pèse 317 grammes sans accus pour une hauteur de 92 mm, une largeur de 29 mm et une longueur de 57 mm. C’est donc un mod de taille moyenne, plutôt lourd mais tombant très bien en main. Son tunnel à atomiseurs accepte jusqu’au diamètre 24 mm, ce qui laisse une certaine marge de choix. Les quatre plots positifs livrés avec le mod permettent à peu près toutes les tailles d’atomiseurs usuels, du dripper au gros RTA. Le plus gros défaut du Black Oak est à mon sens d’occulter la vision des réservoirs et sans doute de gêner l’air-flow dans certaines configurations. Pour enfoncer le clou, voici notre duo Corona & Black Oak confrontés au couple Flave RDTA & Topside :

Et oui, nettement plus compact… Quel plaisir de trimballer un Corona en format compact presque discret ! Alors bon Black Oak à toutes et tous… :bye: