Vaper mécanique

21 Mai 2017/
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Par :Nesquick

Comme sans doute beaucoup de vapotos, je vape plutôt électronique au quotidien. Les boxes sont désormais fiables, relativement performantes et leur écran de contrôle est bien pratique pour suivre quelques paramètres importants comme la puissance produite ou la décharge de l’accu en temps réel. Pourtant, à chaque fois c’est la même chose… Lorsque je reprends un setup à base d’alimentation mécanique, je suis encore et toujours agréablement surpris par la qualité de vape obtenue. Je ne saurais bien sûr dire avec certitude si cet engouement s’étaye d’une réalité physique ou s’il ne se nourrit que d’une attitude vaguement snobinarde sur les bords mais je reste néanmoins convaincu que ce type de vape mérite d’être expérimenté.

En théorie…

Les dispositifs mécaniques sont ainsi dénommés car contrairement aux boxes électroniques, il n’embarquent pas de circuit imprimé capable de régler et de réguler le courant électrique débité par l’accu. La mise à feu a lieu lors de la pression sur leur bouton-poussoir ou « switch », le courant électrique traversant alors l’atomiseur vissé au connecteur dit « 510 », provoquant l’échauffement de la résistance et la production de vapeur.

Un accu chargé peut être imaginé comme une cuvette pleine placée sur une étagère, sa capacité étant le volume d’eau contenu et sa tension ou potentiel, fonction de la hauteur de la dite étagère. Si l’on perce la cuvette d’un orifice de faible diamètre, un filet de liquide va jaillir et s’écouler vers le sol pendant un temps relativement long, avec une faible intensité. Si on ouvre une large fente, elle va se vider massivement et beaucoup plus rapidement. Le diamètre du trou pratiqué illustre bien la valeur de résistance qui serait élevée pour un trou étroit et basse pour un orifice plus large ainsi que l’influence de ce diamètre sur la puissance et donc l’intensité du déversement de liquide provoqué.

La puissance produite par un accu obéit à la loi de Ohm, égale au carré de la tension exprimée en volts divisé par la valeur de la résistance exprimée en ohms soit P = U² / R. Pour faire simple, on considère généralement la valeur de tension supposée aux bornes de l’accu pour effectuer le calcul, ignorant les résistances respectives du mod et de l’atomiseur. La valeur de puissance ainsi obtenue sera donc toujours surestimée, ce qui constitue une marge de sécurité. La tension aux bornes d’un accu fraîchement chargé étant d’environ 4 volts, on peut estimer la puissance demandée à l’accu pour quelques valeurs de résistance en appliquant la formule de Ohm :

R (ohm) :  1,0   0,9   0,8   0,7   0,6   0,5   0,4   0,3   0,2   0,1
P (watt): 16,0  17,8  20,0  22,8  26,7  32,0  40,0  53,3  80,0 160,0

La loi de Ohm peut être exprimée sous différentes formes en fonction du terme souhaité comme le montre la rosace ci-dessous.

Ainsi, l’intensité du courant fourni peut être calculée grâce à l’expression I = U / R. Cette valeur est importante pour s’assurer que le montage envisagé pourra être supporté sans danger par l’accu dont on dispose. Ainsi avec une charge à 4 volts et une résistance moyenne  à 0,5 ohm, le courant débité atteindra la paisible intensité de 4 / 0,5 = 8 ampères. Avec une résistance à 0,1 ohm, cette valeur devient 4 / 0,1 = 40 ampères et l’on pourra alors soigneusement éviter de confier un tel montage à un accu donné à 20 ampères par son fabricant.

Maîtriser la puissance

Le vapoto mécanique ne disposant pas de boutons « + » et « – » pour régler la puissance de son mod ou de sa box, c’est la résistance de son montage qui déterminera l’intensité du flux électrique.

Tout montage doit donc impérativement passer à l’ohmmètre, la puissance théorique doit être calculée par la loi de Ohm et l’on doit s’assurer de la compatibilité de cette puissance avec les capacités de dissipation thermique et électrique du matériel à vaper utilisé. L’énergie délivrée devra en effet être absorbée par les bobines résistives en douceur, sans provoquer de feu d’artifice ou de dégazage intempestif des accus. Cette notion de puissance par unité de surface ou puissance surfacique est fondamentale en vape puisqu’elle définit la surface de résistif sujette à l’échauffement au contact de la mèche imbibée de liquide et par suite la quantité de vapeur produite. Les usagers les plus courageux pourront définir leur ratio puissance sur surface favori (leur « sweet-spot » !) afin de conserver la même vape sur tous les montages et tous les atomiseurs qu’il utiliseront.

Deux coils différents, l’un constitué par exemple de deux spires de Kanthal 0,2 et l’autre de six spires de Kanthal 0,5 peuvent afficher une résistance identique d’environ 0,5 ohm. La puissance théorique de 32 watts délivrée pour cette valeur de résistance rendra vraisemblablement le premier coil invapable pour cause d’échauffement excessif tandis que le second produira une vape fort agréable. C’est justement cette différence qu’illustrent et anticipent les calculs de puissance surfacique. Ceci étant, ces calculs sont rarement effectués, la démarche se résumant à loger la surface résistive la plus pertinente pour un atomiseur donné, tout en restant dans des valeurs de résistance acceptable.

Tout ceci étant bien vague, une petite illustration s’impose !

Sur un Magma « Reborn »  (à droite de la photo) par exemple, les larges orifices de serrage des coils, le flux d’air important et la vaste chambre d’un diamètre de 24 mm permettront d’envisager un gros montage constitué de deux bobines en 3 mm de diamètre que la relative étroitesse d’un Magma v1 ne pourrait en aucun cas accepter. A contrario, un double coil situé autour de 0,4 ohm obtenu par des spires de Kanthal 0,4 tournées sur un axe de 2,5 mm ira à merveille au v1 (à gauche de la photo) mais ne produira qu’une pauvre vape poussive et décevante sur le « Reborn »…

Comprendre les accus

Le domaine des accus à vaper est vaste et complexe, je ne vais pas paraphraser ici ce que d’autres ont déjà proposé sur le sujet bien mieux que je ne saurais le faire. Pour en rester au ras des pâquerettes, un accu génère du courant selon une tension existant entre ses pôles positifs et négatifs, en fonction de la résistance du circuit qu’il alimente et pendant le temps de décharge autorisé par sa capacité.


Comme le montre le schéma ci-dessus, la décharge d’un accu n’est pas un phénomène linéaire. Sa tension chute en effet dès la première utilisation en sortie de chargeur de 4,2 à environ 4,0 volts. Elle continue ensuite de s’affaiblir plus lentement et régulièrement jusqu’à 3,4 volts pour chuter littéralement vers l’état de décharge à partir d’environ 3,0 volts. En vape mécanique, la puissance de 32 watts reçue par un montage en 0,5 ohm en début de décharge de l’accu se stabilisera autour de 28 watts avant de chuter brutalement en-dessous de 20 watts. On comprend alors que la sensation de vape reste globalement stable durant le plateau de décharge de l’accu et qu’à moins de devoir absolument « booster » ou « downsteper » le signal électrique par rapport à une résistance trop forte ou trop faible, la nécessité absolue d’utiliser une box électronique pour réguler le courant produit devient tout à fait discutable.

Bien sûr, un dispositif mécanique ne coupera pas l’alimentation électrique pour éviter à l’accu d’atteindre une tension trop basse dommageable à sa chimie interne comme le ferait un homologue électronique. La chute en dessous de 3,0 volts est cependant extrêmement nette pour le vapoto qui n’obtient alors quasiment plus de vapeur et comprend immédiatement que l’heure est largement venue de recharger l’accu en cours.

Vaper mécanique !

La vape mécanique n’est certes pas la panacée universelle, notamment lorsque l’on utilise des atomiseurs  mono-coil à réservoir. Mon cher Tilemahos Armed, par exemple, n’offre ni l’espace de montage ni les vis de serrage adaptées à l’utilisation d’un fil résistif épais et tourne au quotidien en 0,7 ohm à 30 watts sur un coil de Kanthal 0,5 tortillé en 10 spires de 2,5 mm de diamètre assurant la surface de chauffe qui va bien. Cette puissance est hors de portée d’un dispositif mécanique qui n’enverrait que 23 watts pour la valeur de résistance et nécessite donc l’usage d’une box électronique se débrouillant à chaque taffe pour trouver les 7 watts manquant en usant de divers subterfuges forcément nuisibles à l’idéal de la vape dite « lisse »… Il n’y a dans ce cas guère d’autre choix.

C’est avec des atomiseurs plus aptes à descendre dans les ohms que la vape mécanique prend à mon sens tout son intérêt. Les drippers sont d’excellents clients pour cela, offrant des facilités de montage aux coils multiples et acceptant souvent des fils aussi gros que du barbelé.

La valeur de résistance idéale pour un dripper nécessite quelques tâtonnements pour atteindre l’équilibre entre surchauffe et production de vapeur optimale mais on y parvient en général sans trop de heurts. Très schématiquement et selon mes goûts personnels, un RDA orienté saveurs comme le Magma v1 ou le NarDA ne sera pas mal autour de 0,4 ohm. Une machine plus péchue comme le Tobh Atty ou le GP Dripper Pro pourra tourner un peu plus bas, entre 0,2 et 0,3 ohm. Un gros dripper comme le Mason ou le Magma « Reborn », conçu pour des résistances basse restera vapable entre 0,15 et 0,10 ohm voire plus bas encore, à condition bien sûr de disposer d’une box de qualité de préférence en double ou triple accus équipée de batteries neuves et en bon état…

Tout ça pour quoi ?

Bon c’est un peu de boulot, il y a quelques calculs à faire, quelques tâtonnements à assumer, c’est moins facile que de monter un atomiseur selon l’humeur du jour et de le visser sur une box électronique qui se débrouillera pour fournir la puissance demandée.

Sauf que bien sûr, aucune box électronique ne vape comme un mod ou une box mécanique à part peut-être les modèles haut de gamme aux chipsets hors de prix et encore… Il se peut naturellement que cet engouement pour la vape sans circuit soit une lubie du même acabit que celle qui menait naguère les mélomanes à équiper leurs enceintes audio de câbles plaqués or pour un bénéfice surtout évident pour eux-même (et les marchands de câble, bien sûr) mais rien n’empêche non plus d’essayer…

Bonne vape mécanique à toutes et tous ! :bye:

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19 Commentaires sur "Vaper mécanique"

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jib
Auteur du navire

Un nouvel article de Nesquick, un dimanche matin : une excellente raison de ne pas aller à la messe !
(si vous aviez besoin d’une raison ^^)

Il y a plein de choses à dire sur un sujet pareil, et je commencerais bien par une question terrible : c’est quoi la différence entre une vape sur méca et une vape sur électro ?
Je ne parle pas de la différence technique, mais de la différence sensible.
Tu arriverais à caractériser ça en gros ?

Zaza
Auteur du navire
La messe est dite sur la vap méca ! Personnellement, je lui préfère la vape électro pour la régulation qu’elle apporte, un accu en pleine charge ne délivrant pas la même vape qu’un accu un peu déchargé. Encore faut-il que le chipset de la box soit fiable, ce qui n’est pas le cas de toutes les box électro, loin s’en faut. Une des meilleures box au tarif abordable, pour son côté régulation et vape lisse est l’Evic VTC Joyetech, même si elle n’est pas très belle. La vape électro permet aussi une certaine sécurité électrique, même s’il est souvent possible… Lire tout »
jib
Auteur du navire
C’est pas évident ça Je vape 25 % du temps en mod méca, sur une résistance de 1 à 1,2 ohms, avec des jus frais (menthe, citron, des trucs comme ça). Ca fait une petite vape entre 10 et 12 watts, ça ne me gêne pas quand la tension diminue… et honnêtement, je ne sens aucune différence entre le méca et une électro dans ce cas, quelle soit en régulation ou en bypass. La seule raison pour la quelle je vape en méca est esthétique : c’est joli, le geste et la prise en main me plaisent. C’est grave docteur… Lire tout »
jib
Auteur du navire

Oui, oui, je ne doute pas de ta sensation, je cherche comment la caractériser et la comprendre.
Pour la réactivité, ok, sur des box de base type eLeaf, il y a une latence qui n’existe pas sur méca.
Pour la vape elle même, le hachage est très probablement la cause… mais à ces fréquences ça m’interroge.
Et que dire de la vape sur les alimentations à PWM, comme l’Exhom dont les utilisateurs disent qu’elle se rapproche des méca, alors que le courant est haché aussi (mais pas de la même manière).
On manque d’info technique, et je déteste ça 🙂

jib
Auteur du navire
J’essayerai de trouver de meilleures info à l’occasion. Dans l’état actuel de mes connaissance, presque toutes les box hachent le courant, en Up comme en Down. La tension oscille entre 0 volt et x volts. Sur un PWM, le signal est carré, c’est en gros une ligne pointillée à x volts. Sur les autres le signal est un peu plus torturé. Peut être que c’est ce que l’on sent. Sur les Dicodes, c’est encore différent, et très astucieux : ils font du courant alternatif donc la tension varie de – x à + x volts, et il n’y a pas… Lire tout »
mexicano
Invité

Belle aticle nesquick je vape souvent sur meca c’est une vape que j’adore plus ronde plus voluptueuse quand electro je trouve. j’ai une hexohm que j’adore la vape ce raproche d’un meca mais ce n’est pas pareil.comme tu dit le meca ce vape en desous du ohm pour etre bien je dirais en dessous de 0.5.

TheFlow
Matelot
YES NES ! Orange Méca is not Dead … Or PUNK is not Dead je dirais plus 😉 Je comprends ton propos sans pourtant y mettre les mots .. Pour avoir que très Peu prariqué le Méca , G eu néanmoins 1 tite Révélation avec 1 vieux Pipeline Pro au Chipset soit disant différent .. ET en effet la Vape était différente , + Lisse Quoi, mais ce n’est Pas 1 Méca non plus , alors va savoir Ce Que je sais par contre, comme le soulignait Mexcino avec la Invader, C qu’aujourd’hui , je n’accorde quasiment plus AUCUNE importance… Lire tout »
ka bar
Matelot

je possède la noisy cricket v2 depuis en bon moment, certes le chipset n’est pas le meilleur mais elle a beaucoup de points positifs : elle existe en 25 mm ou en 22mm,
elle propose un mode série régulé qui délivre une vape de qualité, un mode série meca et un mode parallèle le tout dans un format très réduit. Avec un chipset de meilleur qualité elle pourrait devenir La box ultime.

TheFlow
Matelot

Ta comparaison du Méca avec le Vinyl me semble assez parlante, pour tous ceux qui l’utilise parfois dont je fais parti.. 😉
Plus Riche, Plus Rond et ce je ne sais quoi de « mieux » :good: C’est ça !

Marion
Invité

Ah! Je me sens moins seule ! 🙂 J’aime beaucoup vaper en méca ( mais entre 0,5 et 1 ohm, comme quoi… ^^) et je me suis fait renvoyer dans mes carrées sur le grand fofo aujourd’hui quand j’ai défendu les vertus du méca 🙂

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