Stillare v3, un essai (presque) réussi.

23 Août 2017/
Atomiseur
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Par :Nesquick
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Découverte et test d’un dripper ressemblant fortement à un Stillare v3 de Cartel Mods, malheureusement trop « cheap » pour un avis définitif

Toujours animé d’une grande curiosité vaguement nostalgique envers les gloires de vape passées depuis la découverte de l’excellent Tobh Atty, je me suis cette fois penché sur le cas du Stillare v3 de Cartel Mods. Cet américain pur jus n’a peut-être pas eu la même carrière de ce côté-ci de l’Atlantique que chez nos cousins du Nouveau Monde mais la quantité de pages référencées par notre ami le moteur de recherches suite à la simple interrogation de son patronyme suffit à convaincre de sa pleine appartenance au gotha vapistique.

Sorti aux alentours de 2014, le Stillare v3 se trouve encore assez facilement en version originale pour environ $140, ce qui n’est pas rien. En fouinant un peu, on peut en dégotter un ou deux exemplaires lourdement bradés à $35 et quelques cents mais le shop US pratiquant cette promotion ne livrant pas en Europe, je n’ai pas souhaité mettre en route la lourde mécanique Shipito, ses délais à rallonge et ses frais de port élevés. Heureusement, nos amis de l’Empire du Milieu sont toujours prêts à dépanner et c’est donc auprès d’eux que je me suis procuré un bidule ressemblant fortement au Stillare convoité, pour le meilleur et pour le pire.

Anatomie du Stillare v3

Le Stillare v3 se démonte en trois pièces, quatre si l’on compte le drip-tip non fourni avec la version originale.

Ainsi, nous avons sur la photo ci-dessus de gauche à droite la base, le top-cap, la chambre de vaporisation et le dit drip-tip. La finition cuivre de la chambre n’amène bien sûr que des ennuis, s’encrassant et s’oxydant très rapidement mais je traverse actuellement une étrange phase de dévotion envers ce métal coloré et conducteur, c’est comme ça et on y peut rien.

L’aspect particulier de la base suffit à expliquer pleinement la curiosité envers cet atomiseur surgi du passé puisqu’elle présente l’intéressante caractéristique d’avoir été conçue pour des montages en triple coils. Et bien oui, on trouve des simple et des double coils en veux-tu en voilà mais beaucoup plus rarement ce type de structure… Comment résister ?

Un petit examen du top-cap amène rapidement quelques hectolitres d’eau au moulin des pourfendeurs de clones car ici, l’intérieur de la pièce n’a pas eu la joie de se faire usiner la truffe en dôme comme l’original. De là à raquer 40 boules de frais de port à USPS via Shipito il y a un monde mais tout de même, ça fait réfléchir son vapoto. Les orifices de prise d’air sont par contre aussi étranges que ceux prévus par Cartel Mods, l’un étant relativement étroit et les deux autres beaucoup plus larges.

La chambre, percée de deux fentes diamétralement opposées vient se fixer sur le top-cap, maintenue par un joint torique de bonne facture. Le contrôle du flux d’air est obtenu par rotation du top-cap, ses orifices d’aération se trouvant tout ou partie placés face aux fentes de la chambre. Ce système, un peu déroutant si l’on considère la différence de taille existant entre les trois orifices portés par le top-cap et les deux percés dans les parois de la chambre reste classique à l’usage puisqu’il permet de ventiler des montages en simple ou double coils. Je n’ai cependant toujours pas très bien saisi pourquoi la dite chambre ne comporte pas trois fentes au lieu de deux pour aérer correctement les montages triples mais les moddeurs de Cartel Mods doivent peut-être le savoir, à moins bien sûr que les Chinois n’aient fait n’importe quoi.

Montage du Stillare v3

Fi des simples et doubles coils ! Ce dripper m’a tapé dans l’œil à cause de sa base à quatre plots taillée pour le triple, on va faire du triple !

Comme le montre la photo ci-dessus, rien n’empêche le placement opérationnel de trois bobines classiquement horizontales sur la base du Stillare v3. Dans ce genre de configuration, la garniture de coton s’avère cependant assez délicate dans l’espace restreint restant mais l’atomiseur peut très bien fonctionner ainsi. Sauf que…

Sauf que le Stillare v3 se monte en coils verticaux ! Ah, on fait moins les marioles tout d’un coup. Bon, et bien il faut y aller, préparer par exemple trois micro-coils en sept tours de Kanthal 0,4 mm sur un gabarit de 2,5 mm de diamètre pour rester dans des valeurs de résistance résultante acceptables, histoire de ne pas se cramer le groin en cours de vape.

Le premier, c’est le plus dur. L’astuce consiste ici à maintenir le coil au centre de sa cuvette grâce au tournevis ou le gabarit ayant servi à le tortiller tout en maintenant sa patte négative sous la bonne tête de vis cuivrée prévue pour la serrer tandis que l’on effectue le serrage proprement dit. Oui, c’est limite technique mais les gars de Cartel Mods ont tout prévu et ça se passe finalement pas si mal.

Tant et si bien qu’au bout d’un certain temps, les trois bobines sont en place. Les petites rigoles creusées aux alentours des pas de vis négatifs, genre celle désignée par la flèche bleue sur la photo ci-dessus n’ont l’air de rien mais aident beaucoup à s’en sortir en dirigeant et bloquant le fil face à la pression de la vis.

Un montage propre, symétrique, au poil luisant et à la truffe fraîche comme celui de la photo ci-dessus ne peut que produire une bonne vape, il serait dommage de l’oublier. Ah tiens au fait… Combien qu’il fait d’ohm ce montage ?

Une valeur de 0,39 ohm est un rien trop élevée pour une vape mécanique que j’apprécie personnellement entre 0,2 et 0,3 ohm mais tant pis, on va se débrouiller avec. Au pire, il suffira d’utiliser une box électronique si vraiment ça ne va pas et pis c’est tout. On continue donc avec le cotonnage !

Le cotonnage vertical est un peu casse-pieds à réaliser puisqu’il faut insérer la mèche par le haut du coil et réussir à constituer une sorte de nid de coton au niveau de la cuve, en tirant la fibre par le bas. Rien n’empêche cependant de relever un peu les bobines pour l’occasion de façon a gagner un peu de marge de manœuvre, sans oublier de les rabattre ensuite. Et bien voilà, notre Stillare v3 est prêt pour la dégustation !

Vaper le Stillare v3

Bien calé sur un mod mécanique à l’ancienne, bien gorgé de liquide « high-VG », notre ami le Stillare répond au quart de tour aux pressions du switch et produit… Une agréable surprise !

En effet, même sans l’usinage en dôme de l’intérieur du top-cap ce dripper parvient à délivrer une vapeur aux saveurs fines et très bien restituées. Le volume nuageux produit est important sans être exceptionnel. Bien sûr, la faible profondeur de la cuve n’autorise pas de chain-vaping infini et il faut assez souvent repasser à la pompe, bien sûr la température monte vite sous la cloche de cuivre chauffée par ses trois bobines bizarrement ventilées mais tout ceci reste dans la mesure du raisonnable pour ce genre de matériel.

Le test du Stillare v3 aurait donc très bien pu amener une assez belle découverte s’il n’y avait pas eu ces problèmes de suintement du liquide par le plot positif… Oui, parce que notre Stillare s’est rapidement mis à suinter, voyez-vous. Alors forcément, je me suis dit « tiens, on va lui resserrer le plot et tout va s’arranger ».

Ainsi fut dit, ainsi fut fait… Remarquant la rotation globale du plot sous l’action du tournevis, j’ai eu l’excellente idée de lui bloquer la tête à l’aide d’une pince avant d’en remettre un coup. Misère… Le plot étant en fait d’un seul tenant, le résultat de la torsion appliquée ne s’est pas fait attendre… Un « crouik » pathétique a accompagné la décapitation du plot, me laissant gros-jean comme devant avec mon dripper à deux balles devenu inutilisable.

Le Stillare v3 original ne présente certainement pas cette simplification espiègle introduite par nos facétieux amis chinois pour laminer leurs coûts de production, d’autre cloneurs ont aussi fait mieux que cette version ultra-cheap proposée par FT à moins de $10. Je n’ai en tous cas pas hésité à commander un autre exemplaire du Stillare v3 que j’espère nettement mieux fichu, preuve tout de même qu’à mon avis au moins, ce dripper de légende aux saveurs déjà raffinées en version fortement approximative mérite que l’on s’y attarde quelque peu…

Bonne vape à toutes et tous, en Stillare v3 pas moisi ! :bye:

PS

Un autre Stillare v3 m’est arrivé, commandé cette fois en euros sur un bon shop moins lointain. Il présente trois air-holes percés dans la paroi de la chambre et un dôme très marqué au niveau du top-cap…

Je pense que le premier exemplaire décrit ici est une base v3 portant une chambre v2. Ah, les escrocs ! Rien à dire cependant, quand on ne veut pas perdre, il ne faut pas jouer !  😉

 

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4 Commentaires sur "Stillare v3, un essai (presque) réussi."

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Zaza
Auteur du navire

Belle revue, comme d’hab’
Tu as de la patience pour le triple coil !

Un truc – que tu connais sûrement – pour nettoyer le cuivre : un coup de vinaigre ou du jus de citron !

jib
Auteur du navire

Oh la… belle revue de matos vintage en effet !
C’est joli un triple coils vertical.
Attention tout de même, si tu suis notre capitaine dans l’idée de casser le matos, on va devenir le cimetière des atomiseurs ^^

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