Pico, le petit RTA qui a tout d’un grand (clone)

8 Nov 2016/
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Par :Nesquick
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Présentation du Pico RTA, atomiseur japonais proposé par Yellow Kiss ici en version clone.

Les gros machins à vaper c’est bien mais on ne vit malheureusement pas que chez soi, affalé dans le canapé du salon devant un match de foot à la télé, flanqué d’une table basse accueillant la binouze et la Reuleaux RX-200 coiffée d’un FEV 4. Des fois on bouge, pour aller se balader ou pour aller bosser et là, pas question de trimbaler une box et un ato aussi encombrants qu’un parpaing et aussi lourds qu’une enclume.

Tout un tas d’alternatives existent au « setup » de poids cité ci-dessus pour verser dans le compact, notamment à base de drippers mais bon… On a pas toujours envie de balancer le steak et de se faire repérer au coin fumeur par d’abondantes volutes exhalées. Non, il n’y a pas à tortiller, il faut aussi des petits trucs sympa qui marchent bien, procurant une vape sortable et raisonnable, des trucs comme le Pico RTA du moddeur japonais Yellow Kiss par exemple.

Je suis tombé sur le Pico par hasard, au détour d’une page proposée par un de nos spécialistes nationaux du clone et je n’ai pas tardé à l’ajouter au panier histoire de voir, contre la somme de 26,50€ si cet atomiseur justifie les quelques bons retours lus à son sujet. Ah, les clones et les débats récurrents autour de leur légitimité et de leur raison d’être… Ce qui est vraiment cool avec le Pico, c’est qu’on a bonne conscience en achetant le clone car l’original est proposé à 149,90€, tarif totalement injustifié voire délirant si on compare par exemple au Kayfun 5 de SvoëMesto, matériel autrement plus sophistiqué vendu 30€ moins cher. J’ignore la responsabilité de Yellow Kiss dans ce déplorable positionnement marketing mais le tarif prohibitif adopté a certainement tué un produit qui aurait mérité à mon sens une plus large diffusion encouragée par un prix plus étudié, disons autour de 50€.

Pour ce tarif, j’aurais peut-être même pu bénéficier d’une chambre de vaporisation de qualité supérieure à celle du clone qui n’a pas résisté à un dry-burn pourtant modéré pratiqué lors d’un nettoyage de la résistance en fin de tank.

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Cette pièce, soi-disant faite de PEEK parfaitement résistant à la chaleur a donc connu une durée de vie assez brève mais fort heureusement, notre cher FastTech veille, proposant deux modèles de cheminées pour le Pico, l’un de PEEK et l’autre de PEI également appelé ULTEM. C’est équipé de ce dernier modèle, acheté en remplacement pour 4,70€ que nous allons maintenant découvrir l’atomiseur.

Découverte du Pico RTA

En tant que bon clone « no name », mon exemplaire de Pico est arrivé sans gravure ni numéro de série dans une bête boîte de carton gris que je n’ai pas conservée, accompagné des pièces détachées réglementaires (vis, joints et tournevis bleu) ainsi que d’un second drip-tip de Téflon ne figurant pas sur la photo ci-dessous.

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Nous avons ici, sur la rangée du haut et de gauche à droite, le tank PMMA, le top-cap, le drip-tip acier et sur la rangée du bas, toujours de gauche à droite, la base, le plateau, la chambre de vaporisation, son couvercle et la bague de réglage d’air-flow.

Toutes ces pièces sont usinées et finies de façon irréprochable, les pas de vis se révèlent doux, fluides et silencieux lors du désassemblage des différentes parties de l’atomiseur. Comme on le devine en observant les pièces, le Pico est assez friand de plastique fileté (PEI et PMMA) se vissant sur l’acier. Je dois avouer ne pas avoir observé de dégradation de ces jonctions après plusieurs semaines d’utilisation intensive mais continue néanmoins à les manipuler avec le plus grand soin, ne leur faisant pas a priori une confiance absolue.

Le remontage du Pico commence par l’enfilage du plateau dans la chambre de vaporisation. Deux guides pratiqués à l’intérieur de la chambre jouent les détrompeurs dans la pure tradition des Moonshot et autres bouzins du même acabit, toute erreur de placement s’avérant impossible même en le faisant exprès.

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La chambre et son plateau se vissent ensuite à la base. Il convient ici de surmonter la crainte de voir le PEI partir en sucette sur le filetage d’acier et d’y aller carrément niveau serrage, sous peine de laisser un jeu s’installer au niveau du plot positif solidaire du plateau et risquer la pleurnicherie amère devant l’apparition sur la box de solides rafales du sale message « No atomizer » en cours de vape… Un test de connectivité pourra lever le doute ce niveau de montage atteint. C’est également à ce niveau de montage que se pratiquent les dry-burns, mais avec modération pour ne prendre aucun risque, que la chambre soit de PEEK ou de PEI…

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Le couvercle de la cheminée muni de son chouette joint torique vient ensuite prendre place… A sa place ! Comme nous le voyons ici, la chambre du Pico s’inscrit dans la tradition des Taifun GT et des Hurricane avec ses deux encoches laissant passer la mèche vers le tank et ce couvercle venant clore le tout. Le joint couronnant le couvercle est simplement posé sur ce dernier, attention donc à l’appétit des siphons d’éviers envers ce type de pièce lors des nettoyages.

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Le tank vient se visser sur la base de l’atomiseur avec toutes les précautions dues à un filetage de PMMA rencontrant un filetage d’acier, emprisonnant la chambre et son couvercle. Malheureusement, ce type de montage n’autorise pas l’accès à la résistance une fois le tank rempli et il faudra se montrer rusé comme un renard pour le vider afin de changer un coton ou resserrer un coil en cours de vape. Les trois orifices d’un diamètre un peu inférieur à 2 mm visibles sur la base du Pico constituent l’unique système d’aération de notre atomiseur.

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Le top-cap prend place sur le sommet du tank en une nouvelle opposition acier / PMMA qu’il conviendra de gérer avec des doigts aussi légers que précédemment. La bague de réglage d’air-flow se clipse sur un joint torique, permettant grâce à ses trois orifices de libérer une, deux ou trois des entrées d’air pratiquées sur la base de l’atomiseur. Comme on peut le voir sur la photo ci-dessous, le sommet du tank est percé de quatre trous permettant le remplissage de l’atomiseur, obstrués par le top-cap en cours de vape.

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Et bien voilà, on y est presque ! Il ne reste plus qu’à pousser le drip-tip dans son emplacement pour pouvoir admirer notre Pico remonté et presque prêt à vaper.

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Comme il n’aura échappé à personne au cours de ce passionnant remontage, le Pico est un atomiseur destiné aux simples résistances. Son diamètre est de 22 mm pour une hauteur sans drip-tip de 30 mm et une contenance d’environ 3 ml. La chambre réduite et son couvercle usiné en dôme laissent présager d’une bonne restitution des saveurs. Un système d’air-flow relativement restreint et la proximité de la résistance avec la paroi de plastique de la chambre de vaporisation n’inciteront pas à équiper de Pico de gros fil peu résistif ni à monter démesurément dans les watts. Nous sommes bien sur les modestes terres de la vape pépère !

Montage du Pico RTA

Mon Pico est équipé d’une bobine de Kanthal 0,5 mm constituée de sept spires en 2 mm de diamètre donnant une résistance d’environ 0,7 ohm. Les vis de serrage ne pourront à mon avis que difficilement accepter un fil de diamètre supérieur. Un des secrets de réussite pour les montages de style Taifun GT consiste à aligner le mieux possible la résistance et les encoches des parois de chambre afin de garder la mèche de coton bien horizontale.

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Ce contrôle étant effectué, il nous faut libérer le plateau afin d’y placer la mèche de coton. On prendra soin ici d’utiliser une mèche légèrement tassée mais pas trop, l’utilité de ce type recommandation floue restant bien sûr à démontrer.

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Le plateau et sa mèche de coton sont ensuite replacés dans la chambre de vaporisation, elle-même revissée sur la base de l’atomiseur. Si tout va bien, les pattes de la mèche tombent pile-poil dans les encoches de la paroi de chambre et les remplissent avec une joie non feinte.

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Le moment est enfin venu de sortir un flacon de liquide… Pas encore pour vaper mais pour amorcer la mèche car dans quelques secondes maintenant, ce ne sera plus possible.

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Et bien voilà… Le couvercle de la chambre vient nous priver de l’accès à la résistance, ne nous laissant plus qu’un contact visuel par le haut de la cheminée avec cette dernière. L’occasion de vérifier d’un coup d’oeil attentif le centrage du coil sur le plateau, ce centrage se révélant à l’usage comme un paramètre important pour bien profiter de la bonne vape du Pico. Ainsi, sur la photo ci-dessous, les sept spires de la bobine résistive sont visibles par la cheminée, le coil est donc centré !

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Il ne nous reste plus qu’à couper les pattes de la mèche, soit au ras de la chambre soit en laissant une longueur d’un millimètre environ. L’important ici est d’éviter que les pattes de mèche entrent en contact avec les parois du tank, ceci ayant tendance à perturber l’alimentation en liquide et à provoquer des dry-hits pour d’obscures raisons que je peine à bien comprendre.

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Pour vaper avec le Pico RTA, il nous faut encore lui remplir le tank. Comme nous l’avons vu, le remplissage du Pico s’effectue tank monté, par les orifices pratiqués sur le haut de ce dernier.

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La bonne, l’excellente nouvelle est qu’il n’y a pas absolument besoin de transférer son liquide préféré dans un flacon à aiguille pour remplir le tank du Pico. On peut en effet, en y allant doucement, plaquer le bec verseur du flacon ou une pipette sur l’un des quatre trous pour envoyer le liquide à destination.

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Et bien cette fois ça y est, le Pico est prêt à vaper !

A mon avis…

Les atomiseurs à tank de petite taille ne sont pas légion sur le marché de la vape, si on exclue les RDTA tels le Haze, le Theorem ou le Avocado. Le Pico et ses 30 mm de hauteur constitue donc un choix sérieux pour les vapotos soucieux de leur vape et de la santé de leurs poches de veston.

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Au-delà de ces considérations physiques, le Pico produit une vape étonnamment dense et riche en saveurs, ce qui ne gâte rien et permet d’oublier rapidement ses deux principaux défauts, à savoir la difficulté d’accès au montage cuve pleine et le remplissage un peu laborieux du tank sans flacon à aiguille. Ce relatif hermétisme lui permet cependant de rester sec en toutes circonstances, je ne l’ai jamais vu lâcher la moindre goutte de liquide en plusieurs semaines d’utilisation.

Le système d’air-flow du Pico autorise une inhalation directe confortable en ouverture maximale, les amateurs de drippers philippins le trouveront sans doute trop serré à leur goût. Comme dit plus haut, cet atomiseur n’est pas une machine de compétition. Son créneau est celui de la vape pratique au quotidien et il l’occupe plutôt très bien.

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Malgré les indéniables qualités du Pico, son coût en version originale me paraît beaucoup trop élevé. Les photos trouvées ici et là montrent des exemplaires dorés équipés de tanks en finition glacée du plus bel effet mais à moins de justifier l’usage de matériaux apportant un vrai plus au niveau de la chambre de vaporisation et du tank, je pense qu’un clone fera parfaitement l’affaire des vapotos rebutés par le son de la flûte, quitte à devoir remplacer chambre et couvercle en cas de fusion accidentelle.

Bonne micro-vape à toutes et tous, en Pico RTA !   :bye:

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36 Commentaires sur "Pico, le petit RTA qui a tout d’un grand (clone)"

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Whitewater
Auteur invité
Tu me fais rêver nes ! Je ne sais pas où tu trouves le temps pour rédiger de façon aussi pointue tous ces tests…. ! Super revue lue avec attention car ce petit pico me tentait bien moi aussi. C’est la chambre en “peek” qui m’a freiné redoutant justement sa durée de vie. Une chambre en métal aurait été top et pas plus onéreuse. Bizarre ce choix. 🙁 Bref tu m’as convaincu surtout à lire que ce dernier offre une vape dense mais pépère car ça, tu le sais, c’est mon créneau ! Merci ça sera sûrement mon prochain joujou… Lire tout »
Jonathan
Auteur invité

Le peek résiste au plus aux alentours des 250 degrés (en continue) tu les a peut être atteint ou le peek est de mauvaise qualité. Concernant les mèches qui, si elle touchent les parois s’explique peut être par une contre capillaritée. J’aime bien la compacitée de cet ato sinon si il fuit pas en plus c’est un bon point!

Raoul Volfoni
Invité
@nesquick Je viens de passer chez FT pour voir les différents modèles d’un oeil facétieux. Certains ont des cloches qui ont à peu près la couleur du PEEK… mais FT ne précise pas PEEK dans le descriptif. A mon avis, ces modèles méritent un large détour… pour les éviter Sauf si vous adorez le Canada Dry… Et sinon, pour les vissages plastique/métal, une astuce trouvée chez les yankees (forum ECF) il y a bien 3 ans et que je pratique : un peu de VG pour lubrifier le filetage Ca aide en plus à l’étanchéité des tanks en partie haute… Lire tout »
Kif
Invité

Merci pour cette revue m’sieur. Je ne cherche maintenant que des petits ato me permettant de changer de saveur plusieurs fois par jour.
Je vais donc voir chez FT si il y a un clone qui tient la route.

P.S. désolé pour le dernier vapéro, maths histoire anglais au programme des devoirs 😥

Jonathan
Auteur invité

@nesquick Je sais qu’il existe plusieurs variantes de peek, mais je ne saurais dire si untel est plus résistant que l’autre. Quand je parlais de contre capillarité c’était plus pour imager je suis pas scientifique, expert en mécanique des fluides ou que sais je d’autres mais un truc du genre comme tu dit avec le tank dois se prifuite

Jonathan
Auteur invité

produire pardon envoi par erreur.

Le Capitaine
Dany

–HS– Si Trump a réussi, je vais faire pareil, je me présente aux elections de mai!
J’y connais rien comme lui, mais c’est pas grave, j’ai 6000 grands vapoteurs pour me soutenir et c’est largement assez pour gagner B-)
On verra le programme politique une fois que j’aurais gagné, c’est secondaire :whistle:

Sinon belle revue Nes, je te nommerais 1er ministre avec une belle Porsche Cayenne bien méritée :good:

Kif
Invité

@nesquick J’ai pris 5893500 plus 4536700 plus 3976500. On verra bien, vu le prix…

Raoul Volfoni
Invité

Aïe… Aïe… Aïe…
Les ravages de la méthode globale de lecture… :whistle:
J’avais dit « oeil facétieux » !

En fait certains ont l’isolateur du pole plus en PEEK, comme la série à $10.73…
Mais aucun n’a nativement de cloche en PEEK !

Mon préféré : SKU5893400 —> faux PEEK pour la cloche & faux PEI pour le tank 😉

Zaza
Auteur du navire
@nesquick Tes revues sont à chaque fois une vraie promotion ! Tu as toujours le grand art, la prose, le bagout pour présenter et détailler le matériel et les consommables de vape et que …sans la raison qui nous contient, on pourrait facilement se laisser tenter ! Ah, ​​ben ​heureusement ​qu’on ne vit ​pas que chez soi, affalé dans le canapé du salon 😉 ​ Je te sens quand même moins emballé que par le mini KF V5 ? @le-capitaine Ok, je voterai pour toi dans 6 mois, même plusieurs fois si c’est possible… Ca me rappelle la candidature du… Lire tout »
Sezni
Auteur invité

Bonsoir Nes

Joli petit ato . Pratique et fonctionnel .
Ce week-end , j’ai vapé sur un Nautilus d’un pote , et je me suis demandé pourquoi on ( enfin surtout pour ma part ) se fait chier avec le reconstructible . Le rendu est excellent . Les arômes sont bien présents .
Je me demande si ne vais pas retourner vers un produit que j’aurai dû acheter au moment où je suis passé de la ego au subtank .

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