01-pig_guitar– Tu as repris la guitare, Porky ?
– Ouais, j’ai bossé un morceau.
– C’est bien, Porky. Va répéter dans ton terrier.
– Nan, je vais le jouer !
– C’est pas la peine, Porky.
– Je vais le jouer ici !
– Bon, OK. Mais pas trop fort, Porky.
– C’est « Bang bang », c’est pas fort.

VapourArt, le moddeur gréco-bulgare était jusqu’à présent reconnu du microcosme vaporeux pour ses superbes mods mécaniques et ses atomiseurs orientés saveurs certes un peu « old school » mais néanmoins excellents dont j’ai eu le plaisir de parler à plusieurs reprises sur le navire de Dany. Un soir de juin, une nouvelle genre « breaking new » est tombée sur les réseaux sociaux, je m’en souviens comme si c’était hier.

02-tweet

Un dripper ! Misère… Comment y échapper ? Comment résister à cette pièce à vaper conçue et réalisée par un des derniers spécialistes de la belle vape encore en activité ? La réponse est évidemment simple, on y résiste pas…

Bang Bang…

Les tweets se sont alors succédé, témoins des réflexions de VapourArt appelant parfois l’intervention de ses futurs clients. Le premier prototype n’a guère déclenché l’enthousiasme, desservi par une esthétique particulièrement étrange.

03-prototype

Si le ULTEM dont est faite la chambre brille par des propriétés physico-chimiques remarquables, il faut bien reconnaître que sa teinte pisseuse ne le rend pas excessivement sexy.

Bang Bang
He shot me down…

VapourArt a alors réagi, important du ULTEM noir des Etats-Unis et relançant les études pour finalement proposer quatre déclinaisons de son dripper, ULTEM jaune, ULTEM noir, ULTEM jaune et bague acier, ULTEM noir et bague acier. Un cinquième modèle tout acier a également fait son apparition sur le tard mais ne j’ai pu en retrouver la photo.

04-drip_tops

De retards en reports, le « VapourDay » ou jour de mise en vente des produits en jargon VapourArt a finalement été fixé au 23 septembre. Les trois mois écoulés entre la première annonce et l’ouverture des ventes m’ayant largement laissé le loisir d’arrêter mon choix, j’ai abordé le site de VapourArt ce jour-là avec la ferme intention d’ajouter un ULTEM noir avec bague acier au panier. Deux minutes et douze secondes avant l’heure « H », le dit site était « off-line »…

05-website

Effet marketing ou nécessité technique, toujours est-il qu’à 21 heures pétantes le site de d’hab’ était revenu, tous boutons « add to card » dehors. Au risque de paraître une fois de plus vaguement neuneu sur les bords, je dois bien avouer que le fait de foncer sur les menus le compte PayPal à portée de main me paraît faire partie intégrante des plaisirs de la vape et c’est donc avec satisfaction que j’ajoutais l’objet de convoitise au panier d’emplettes. Moins d’une heure après, toutes les versions du dripper étaient « out of stock ». Sauf à faire exprès pour nous énerver, ce qui m’étonnerait quand même, je pense que nos amis de VapourArt gagneraient à contacter Norbert le Hongrois pour apprendre comment arroser la planète de milliers d’exemplaires d’un produit « fingers in the nose » quand on est un moddeur artisanal.

Bang Bang
I hit the ground…

Le prix du GP Dripper s’est trouvé dévoilé seulement au moment de la mise en vente. VapourArt ne s’est pas montré trop goinfre, proposant la version ULTEM à 80€, la version ULTEM et bague acier à 87€ et la version tout acier à 90€.

Bang Bang
That awful sound
Bang Bang
My baby shot me down.

Quinze jours de délai ont encore été nécessaires avant l’expédition du GP Dripper acheminé comme d’habitude par DHL Express, un service rapide comme l’éclair assurant le transport des colis entre Sofia et mon bled de région parisienne en 24 heures pour la modique somme de 15€. Un matos VapourArt se mérite et se paye cher, c’est comme ça…

06-black_ultem

– Elle est bien ta chanson, Porky. Triste, mais bien.
Bang Bang, I hit the ground…
– Thank you, Porky ! Shut up now… See ya !

Le GP Dripper

Sorti de sa boîte simple mais de bon goût, le GP Dripper se démonte en deux pièces et demi. Une base, un drip-top et la bague d’acier du drip-top à vocation purement esthétique. La demi-pièce, c’est elle !

07-pieces

Le drip-top, à gauche sur la photo est donc en ULTEM noir, coloris apparemment peu répandu pour ce matériau. Ce plastique thermo-résistant supporte tous types de liquides y compris les plus acides, ce qui justifie son prix élevé. Il est par ailleurs léger, de contact agréable tout en restant dur et résistant. La bague filetée du centre de la photo proposée en option d’achat m’est apparue indispensable pour sauver l’esthétique du GP Dripper du désastre, son apport visuel s’avérant décisif. La base est un beau bloc d’acier certifié 316L tout brillant car poli électro-chimiquement (yeah !), taillé dans la masse où s’incruste un pôle positif tenu par une vis de contact selon un montage des plus standard. La photo ci-dessus, perturbée par un jeu d’ombre et de lumière autour de ces trois pièces ne rend pas forcément justice au niveau de qualité et de finition exceptionnels de ce dripper.

08-base

La base du GP Dripper est de type « Magma » en 22 mm de diamètre, proposant deux pôles percés d’un seul orifice chacun pour le passage du fil résistif. Le serrage est assuré par des vis à empreinte « allen », petites mais costaudes. Les arrivées d’air sont prévues pour ventiler les bobines par dessous, constituant une promesse de rendu savoureux des arômes vapés. La cuve est profonde de 6 mm assurant une autonomie optimale pour ce genre de matériel. Les deux joints toriques orange souples et luisants assurant le maintien du drip-top sur la base semblent d’excellente facture.

La flèche bleue sur la photo ci-dessus pointe un petit bémol relevé au niveau de l’isolant PEEK du plot positif qui semble rogné sur ses parties arrondies, ne remplissant pas totalement la cuvette prévue pour l’accueillir. Ce défaut n’est bien sûr que visuel, il ne met pas en cause le bon fonctionnement du dripper mais fera vraisemblablement l’objet d’un mail de ma part à l’attention du moddeur pour m’assurer que ce gap disgracieux est bien normal.

09-base_spares

Le plot positif se démonte par retrait de la vis de contact du 510, montrant l’aspect curieux de son isolant PEEK. Les pièces de rechanges livrées avec le GP Dripper figurent au premier plan de la photo ci-dessus où l’on reconnaît une clé à empreinte « allen » adaptée aux vis de serrage, deux vis de serrage, deux joints torique, un pin « bottom feeder » (oui, il l’a !) et deux bidules blanchâtres faits d’une espèce de plastique dur se révélant être… Des réducteurs d’air-flow !

10-air_flow_reducers

Il n’y a pas à tortiller, chez VapourArt on vape à l’ancienne et si d’aventure on propose un dripper doté de deux « monstrueuses » arrivées d’air de 4 x 3 mm, on se met immédiatement à culpabiliser, on cogite, on gomi son quatre-heures, on ne dort plus et on finit par ajouter ces réducteurs limite en s’excusant… Personnellement, je n’ai pas encore utilisé le GP Dripper autrement que « full open » et il n’est pas dit que je le fasse un jour ! Mais passons plutôt au drip-top de notre audacieux matériel.

11-drip_top

L’enjoliveur d’acier justifie pleinement son supplément de 7€ en se vissant parfaitement sur le drip-top de ULTEM, le mettant à mon sens bien en valeur. L’ouverture du drip-tip présente un diamètre interne d’environ 9 mm malheureusement un poil trop vaste pour accueillir un embout standard supplémentaire. Les adeptes des réducteurs d’air-flow devront donc se procurer les onéreuses extensions drip-tip propriétaires chez VapourArt pour « pépériser » un peu plus leur vape !

L’intérieur du drip-top est usiné « à plat », on ne retrouve pas ici le fameux dôme concentrateur de saveurs. Les parois internes de la pièce s’avèrent étonnamment douces et lisses au toucher, certainement par une gracieuse propriété mécanique du ULTEM s’ajoutant à tous ses autres avantages.

12-drip_top_inside

Les concepteurs du GP Dripper n’ont pas oublié les amateurs du simple bobinage, leur proposant un orifice dédié à la base du drip-top. En double bobinage, ce sont bien sûr deux orifices diamétralement opposés qui se chargeront de ventiler les résistances.

13-air_flow

Outre l’attention minimale au niveau de l’air-flow, VapourArt propose également aux « single-coilers » décidés à lâcher quelques euros de plus des drip-tops équipés en dur d’un réducteur de chambre.

Le montage du GP Dripper

Pour ce premier montage, j’ai choisi l’invraisemblable exubérance d’un double coil de Kanthal 0,5 tortillé en deux fois huit spires de 2,5 mm de diamètre pressenti pour environ 0,4 ohm. Je n’ai pas placé les réducteurs d’air-flow et ai prévu de vaper « full-open », me positionnant de ce fait dans la frange marginale des vapers de l’extrême, version VapourArt bien sûr.

14-coiled

Ce montage n’a pas présenté de difficulté particulière, la qualité de réalisation du GP Dripper écartant tout problème d’alignement des bobines ou de serrage du résistif. Le placement du coton a été également rondement mené pour un résultat plein de promesses vaporeuses.

15-wicked

La vape du GP Dripper

Le GP Dripper vape exceptionnellement bien, voilà c’est dit. Je ne vais pas me lancer dans de longues comparaisons bardées de superlatifs, nous avons affaire ici à un produit de moddeur difficile à trouver, difficile à financer qui n’intéressera sans doute que quelques neuneus de mon espèce à qui je m’adresserai donc en priorité.

Mesdames et Messieurs les neuneus, ce GP Dripper me semble s’inscrire directement dans la lignée du légendaire Magma, souvent imité mais jamais égalé en termes de rendu des saveurs. Il s’en réclame d’autant plus qu’il a su rester dans l’esprit du glorieux ancien alors que l’héritier légitime, le Magma « reborn » s’est envolé vers les superlatifs.

Il y a plusieurs manières de tomber sur le cul en tirant les premières taffes d’un nouveau matériel. Il y a l’effet Magma où la précision des arômes arrive comme une patate en pleine truffe, il y a l’effet NarDA où les liquides bien connus semblent meilleurs, plus concentrés, plus sucrés, plus savoureux que d’habitude. Ce GP Dripper est à effet Magma, j’ai eu l’impression de ressentir les petits grains caractéristiques de la chair du fruit lors de la dégustation d’une « Misty Poire », je n’ai pas eu besoin cette fois de consulter la plaquette Manabush pour me souvenir du rhum, du toffee et de la vanille cités dans la composition de leur « Omusa ».

16-setup

Le GP Dripper dépasse cependant son modèle de la tête et des épaules tant au niveau de la qualité de vape que de l’agrément d’emploi. Il propose en standard un pin « bottom feed », sa chambre de ULTEM ne chauffe que très légèrement, autorisant la recherche de sensations plus joufflues que celles permises par le Magma et surtout, elle ne condense qu’étonnamment peu la vapeur produite, gardant l’extérieur du dripper sec et les air-holes propres. Le GP Dripper ne fuit pas, il n’aura pas lâché une goutte de liquide tout au long de la vape d’une quinzaine de millilitres de liquide en 80 VG, même en fin de vie des mèches de coton.

Et pour finir…

Exceptionnel est le seul mot qui me vient pour conclure ces quelques lignes dédiées au GP Dripper. Rechignant encore une fois à trop bavasser sur un matériel rare et cher nécessitant une réelle démarche pour atterrir dans les chaumières, je ne puis qu’encourager les vapotos en paix avec leur cochon-tirelire à jeter un oeil sur ce dripper d’autant que passé l’effet de nouveauté, les prochains batches à venir devraient survivre au-delà de l’heure pour proposer une disponibilité un peu plus large et confortable.

Bonne vape à toutes et tous, si possible en GP Dripper !  :bye:

Dernière minute !

Le prochain « VapourDay » organisé pour la mise en vente du deuxième batch de GP Dripper est fixé au 14 octobre 2016 à 21h00 (heure française). Rendez-vous sur le site VapourArt ! :heart:

 

11 Pirates aiment cet article, et vous?
Partagez :
↓