Interview The Fuu : originalité et design

 

The Fuu m’avait envoyé tout son stock d’ e-liquides pour test sur le blog Danyvape et j’avais apprécié leur approche commerciale et certains de leurs e-liquides.Leur site est différent et classe, leur produits design est bien conçus.
C’est donc naturellement que j’ai contacté Jean pour discuter de ses produits et particulièrement de ses e-liquides.

Daniel : Bonjour, pouvez-vous vous présenter?

Fuu : Belgique_Dupont_et_DupondBonjour Daniel, je m’appelle Jean, je suis le co-fondateur de Fuu, une marque de cigarettes électroniques et de e-liquides. Mon associé s’appelle également Jean et nous gérons tout à deux. On nous appelle souvent « les deux Jean ».
Nous sommes basés à Paris, dans le 10e arrondissement et nous proposons à nos clients une offre globale sur la e-cigarette : du matériel simple, élégant et fiable et des e-liquides que nous fabriquons avec amour. Notre positionnement matériel ET liquide a pour objectif d’offrir à nos clients le matériel qui leur permet d’apprécier nos liquides. Merci de nous donner l’occasion de nous présenter et d’en dire plus sur notre philosophie.

Daniel : Comment choisissez-vous les liquides de chaque gamme?

Fuu : Nous avons lancé Fuu avec une gamme restreinte de 15 saveurs (5 tabacs, 5 fruitées et 5 fun) aux noms originaux.
Ce sont les liquides « historiques » que l’on peut retrouver sur notre site dans la partie « Originals ».
Ces recettes initiales, nous les avons conçues comme une proposition cohérente de goûts, sans redondance, apportant variété et originalité aux vapoteurs.

Le marché évoluant, nous avons lancé une deuxième gamme aux noms plus simples (fraise, pomme, thé à la menthe etc.). Ces liquides, dits « Classics » ne sont pas moins complexes dans leur formulation, mais leurs noms sont plus « intelligibles » et répondent à la demande de certains clients « pressés » qui n’ont pas envie d’entrer trop loin dans notre univers.

Là encore le choix des recettes s’est fait au fil du temps, surtout suite aux demandes de nos clients et revendeurs. Cela peut paraître surprenant, mais quand un client qui adore vos liquides vient vous voir pour vous demander de faire un liquide type « Tabac Banane » (en l’occurrence le Gold.Rush), on a envie de relever le défi et de lui faire le liquide de ses rêves.
C’est ainsi que sont nés beaucoup des liquides Fuu. J’en profite d’ailleurs pour remercier tous nos contributeurs ! Tous ceux qui travaillent chez nous ont aussi leur mot à dire et aucune de leurs suggestions ne sont écartées : de l’infâme essai goût Morille au succès du Thé à la menthe, tout y passe!

Daniel : Vos arômes sont artificiels et naturels, quelles sont les différences?

Fuu : Fabriquer un e-liquide « va-potable » est assez simple. En faire un dont le goût va être stable, accrocheur, original et vapotable 3 jours sans se lasser est plus compliqué. Ainsi, nous ne voulons pas nous limiter dans nos choix d’arômes pour offrir les meilleurs compromis possible en terme de rendu des saveurs et de créativité.

labo_NB-150x150Certains de nos arômes sont naturels, mais nous privilégions ceux, naturels ou artificiels qui ont le meilleur rendu, la meilleure « touche’ dans leur domaine. Nous évitons de trop « sacraliser » le naturel, car bien des fois, les arômes naturels sont créés à partir d’un tout autre fruit ou d’une tout autre matière que ce qu’ils sont sensés aromatiser. Donc, dans l’ordre de sélection des arômes : examen de la composition et validation sécurité et ensuite le goût.

Si l’on prend l’exemple de la fraise, je trouve que cet arôme, quand il est naturel « s’effondre » avec le temps (perd de sa force) et donne presque une sensation de burn-taste. Nous avons opté pour un arôme fraise de type « bonbon » (tagada en fait !) pour notre liquide fraise. Au final, la formule est plus stable et le goût vraiment sympa.
En boutique, on peut ainsi retrouver du Fraise VDLV et du Fraise Fuu… et satisfaire tout le monde!

Daniel : Les arômes artificiels alimentaires pour la cuisine et ceux pour la e-cig sont-ils les mêmes?

Fuu : Quasiment oui ! … Mais pour l’instant ! La fabrication du e-liquide est un métier très récent qui nous amène à repousser les limites de l’aromatisation. Notre objectif est d’offrir une vape sûre, et ce travail doit se faire en relation étroite avec les fabricants d’arômes. Pour cela nous étudions chaque ingrédient que nous recevons en échantillonnage, afin de nous assurer qu’il n’y a pas de molécules « problématiques ».
Ces précautions nous éloignent de plus en plus du monde de l’agroalimentaire, et encore plus de celui de la parfumerie, et nous consolident comme des clients « à part » des aromaticiens, qui comprennent de mieux en mieux nos besoins et nos exigences.

Daniel : Comment se passe la conception d’une recette, combien de temps et y a t’il des testeurs officiels?

Fuu : Il y a trois personnes habilitées à initier des recettes dans notre entreprise : notre aromaticienne, mon associé et moi-même.
Comme nous sommes tous de fieffés vapoteurs c’est avant tout le besoin de varier nos liquides « all-day-vape » qui nous pousse à en créer de nouveaux.

Sur un feeling, une intuition ou une envie, nous formulons tous les trois des essais, souvent dans notre coin, et les partageons avec les autres. Si ça plait, si la recette se « steeppe » bien (vieillit bien), on peut commencer à affiner les choses et à entrevoir un développement plus sérieux. Commence alors un travail collaboratif de peaufinage de la formule avec 4 objectifs : limiter au minimum la quantité d’arômes, offrir un goût qui tienne dans la durée, maximiser la production de vapeur (et pour cela nous varions subtilement la quantité de PG/VG entre chaque liquide dans une fourchette de +-6%), et enfin créer un liquide qui soit à la fois gourmand et vapotable sur le long terme.

C’est un peu notre marque de fabrique : du goût, du goût, mais pas d’écœurement. A ce titre, Fuu se positionne un peu entre la France et les USA.

Daniel : Arrive t-on à retrouver le véritable goût d’un tabac de cigarette, de pipe ou de cigare avec vos e-liquides?

Fuu : Dany, en bon vapoteur, tu dois savoir qu’il existe autant de ressentis que de fumeurs sur le sujet du tabac ! A part peut être sur des références extrêmement neutres comme les FR-M et K de chez Alfa, le consensus « goût clope » n’existe pas.
montagebouchon-150x150En l’absence de combustion, les règles du jeu sont trop différentes et le feeling « acre » de la vraie fumée est quelque chose que nous ne pouvons qu’essayer d’imiter. Par contre, sur le terrain des aromatisations « note tabac »,  il reste encore beaucoup de voies à explorer!
Concernant nos recettes, la plus « neutre » actuellement est le Tabac Classic, qui se distingue par un goût sec et simple. Nous travaillons en ce moment à la mise au point d’une recette Tabac aux arômes 100% naturels, qui sera encore plus proche du goût d’une cigarette. Nos autres liquides sont plus originaux : Lone.Cowboy pour le tabac à rouler ou à pipe, Desert.Raven pour un goût américain aux notes de caramel, Old Elboeuf pour un Tabac brun mais doux. Le Thorn a des notes plus florales, le Gold.Rush est un tabac banane inspiré de ce qui se fait aux USA, mais moins écœurant. Enfin, le Mc.Mint est notre tabac menthol, dont nous avons revu la recette récemment pour qu’il soit plus glacé.

Daniel : Trouvez-vous une différence entre les bases PG/VG importée de Pologne par exemple, celles des USA ou les vôtres?

Fuu : En théorie, si les ingrédients choisis sont de qualité pharmaceutique « USP » et les dosages bien respectés, il ne devrait pas y avoir de grandes différences entre deux bases. Nous proposons des bases suivant une idée simple : vendre à un prix intéressant le mix qui nous sert à fabriquer nos liquides. Si vous aimez les liquides Fuu, la fumée qu’ils produisent et leur hit, vous allez retrouver tout ça avec nos bases.
diy-fuu-150x150Nous avons récemment mis à jour nos tarifs pour qu’il soit plus intéressant à la clientèle française de se fournir en France, plus de proximité et d’écoute, moins de transport. D’ailleurs, nous allons continuer dans cette voie en proposant un rayon plus étoffé sur le DIY, avec une sélection de mods et d’atomiseurs reconstructibles à prix compétitifs. Notre position est d’accompagner le mouvement DIY qui est à l’origine de la vape telle que nous la connaissons aujourd’hui.
Nous pensons que proposer des produits experts aux vapoteurs est important et complémentaire de notre philosophie de travail. Et puis ça peut être intéressant de faire des « provisions » d’atomiseurs atypiques au vu des récentes décisions prises au niveau européen.

Daniel : Comment penser un best-seller et comment expliquer le succès d’un e-liquide?

Fuu : Il est assez difficile de prévoir la réaction du public à un nouveau e-liquide.
Certains, comme les goûts anisés, sont trop spécifiques pour obtenir une reconnaissance universelle.
Un best-seller doit donc avoir un goût agréable au plus grand nombre, un mélange simple mais original pour que sa spécificité le sorte du lot. C’est le pari que nous avons fait en reformulant le Juicy.Lagoon qui était en perte de vitesse. Nous nous excusons auprès de ses aficionados, mais je pense qu’ils aimeront la nouvelle recette, ultra fruitée et franchement ravageuse. Perso, je suis dessus depuis 15 jours quasi-quotidiennement !

Daniel : Concevoir professionnellement un e-liquide relève t’il plus de la cuisine, de la parfumerie ou de la chimie?

Fuu : D’un point de vue légal, notre métier est affilié à la Chimie.
Les règles d’hygiène que nous appliquons à la fabrication sont celles de l’agroalimentaire, qui sont très sévères en France, et de la Chimie, car nous manipulons une substance dangereuse.
Notre système de traçabilité et nos procédures de fabrication sont du même ordre. Fabriquer 1 e-liquide est simple, en faire plusieurs centaines de milliers, en prêtant une attention constante à la qualité et la traçabilité est beaucoup plus compliqué et demande des procédures strictes et beaucoup de travail. C’est ce qui explique d’ailleurs le prix public des e-liquides plus élevé que ce que l’on peut faire chez soi en DIY. Ce qui coute le plus cher ce n’est pas le liquide dans le flacon, mais tout ce qui l’entoure : respect des normes, contrôles et analyses, infrastructures et bien sûr le travail.
Chez Fuu, il n’y a pas de SMIC, nous travaillons dans Paris et veillons à respecter l’environnement, ce qui implique des coûts de production supérieurs à la moyenne.

Daniel : Les liquides de luxe commencent à voir le jour chez différents fabricants, quelle est la plus value pour le consommateur?

Fuu : La plus-value doit être réelle : visible, sensible et gustative. Sinon, c’est une feinte marketing.
J’ai un grand respect pour le luxe dans son approche traditionnelle et historique. L’histoire de notre pays nous positionne en leader sur ce marché qui ne doit pas être abandonné à la seule publicité. Un produit de luxe est une affaire de métier dans son sens le plus noble et demande un savoir-faire particulier, une recherche poussée et une attention aux moindres détails.

djinn-151-150x150Nous planchons depuis plus de deux ans sur une gamme de trois liquides uniques qui vont dans ce sens.
Les retards accumulés dans ce lancement sont la cause directe de notre sens du perfectionnement. C’est un cercle aussi vicieux que vertueux, où la recherche des meilleurs ingrédients, des plus beaux flacons et des plus belles étiquettes prend un temps fou. Nous n’avons jamais été aussi proche du but, mais je ne me risque plus à donner de date de sortie… bientôt!

Daniel : Question subsidiaire : une petite exclu pour l île et allez-vous vous développer à l’international?

Fuu : Fuu est une petite entreprise ! Certes pour l’instant nous travaillons surtout avec la France, mais comme notre site est bilingue français anglais, nos liquides sont déjà vendus partout dans le monde.

Dernièrement, un envoi du site est parti au Groenland ! Par ailleurs, nous commercialisons déjà nos produits en Tunisie, au Chili et aux Canaries. Ce n’est pas à proprement parler un rayonnement « multinational », mais c’est un bon début.
Nous avons d’autre projets en cours et voulons continuer à faire connaître nos liquides à l’étranger, car c’est un défi qui motive tout le monde.

http://thefuu.com/fr/4-nos-liquides

1 Pirate aime cet article, et vous?

Dany, fondateur du Danyvape. Plus de clopes depuis le 1er jour, le 21 sept 2012... A l'abordage !!

4 avis sur “Interview The Fuu : originalité et designAjoutez votre avis

  1. Salut,

    Tu peux jeter un coup d’oeil à cet article : http://danyvape.com/pourquoi-je-suis-passe-au-diy/

    Tu y trouveras des liens vers quelques boutiques très bien qui vendent des arômes. Sinon, tu peux voir directement chez le fabricant de certains arômes, comme j’ai fait avec Flavour Art (Italie) ou Perfumer’s Apprentice (USA), pour me procurer des trucs précis que je ne trouvais pas ailleurs 😉

  2. Hello du bateau !

    Je découvre actuellement qqs jus de la marque et je dois avouer être très-très agréablement surpris par la qualité gustative de ceux-ci. Je suis plutôt liquides US d’habitude mais des jus comme Gettho Gourmet ou Caromel de chez Fuu sont en train de me faire changer de braquet.
    Également, la curiosité du Rediz Dead (sympa la référence 🙂 : fraise des bois, basilic et une pointe de menthe. Pas un all-day mais miam quand même. J’ai également la fraise tagada citée dans l’intw : pas encore goûtée mais une véritable odeur de bonbec à l’ouverture du flacon.

    Qqs points négatifs qd même : dispo en 0mg, 8 et plus. Je dois prendre du 8 et le diluer avec du 0 pr que ça me colle bien. Seulement dispo en 10ml.

    Bravo qd même à cette marque française qui me fait lâcher mes jus US !!

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