L’atomiseur Flash-e-Vapor ou FEV pour ses intimes ne m’a jamais intéressé, ni en son actuelle version 4 ni en aucune de ses versions précédentes. Je le trouvais gros, long, moche et avais la ferme conviction qu’il ne correspondait pas à mes goûts de vape, délivrant d’après la rumeur de maigres volutes à l’ancienne en mode super-serré.

Et puis de fil en aiguille, au gré des divers avis et pressions de toutes sortes, j’ai fini par me laisser tenter par un exemplaire de ce gros machin horrif, histoire de ne pas mourir idiot. Un tel état d’esprit ne favorise cependant pas l’acquisition d’un original à 150 boules, c’est donc vers une copie signée ShenRay que je me suis tourné. Que les puristes m’en excusent, un clone est bien suffisant pour mener quelques tests, rien n’empêchant de se procurer le modèle authentique à l’issue si les dits tests s’avèrent concluants.

Les raisons de cette volte-face sont multiples, les témoignages dithyrambiques de ses afficionados n’en sont pas les moindres. Le meilleur rendu, l’atomiseur le plus facile à utiliser du monde connu, le mieux conçu, le plus « made in Germany »… Bref, suffisamment de raisons de voir arriver le paquet sans joie et d’aborder le premier montage à reculons, avec réserve et suspicion. Je n’ai pas été déçu, enchaînant les galères entre fuites et dry-hits, multipliant les montages sans pour autant parvenir à tirer la moindre taffe correcte de ce gros malotru.

J’en étais à me dire que les atomiseurs ont un karma, que je n’étais pas en phase avec celui-là de par mes a priori contraires et que je n’en tirerai donc jamais rien quand les échanges ont commencé sur le Navire avec le pirate Whitewater, complétés d’une chouette intervention éclairante du flibustier MadZMax. L’espoir a ainsi pu renaître et je me suis finalement décidé à une cent-unième remise sur le métier de mon ouvrage, reprenant la grosse larve à zéro pour essayer d’enfin en sortir quelque chose de positif. Tous ses fans ne pouvaient avoir tort, il y avait anguille sous roche, le tout étant de parvenir à la débusquer quitte à user de l’élégante méthode Maïté.

Ayant cette fois ressenti assez d’optimisme pour ponctuer l’opération de prises de vue, voici l’histoire…

Survol anatomique du FEV

Le FEV n’est pas forcément l’atomiseur le plus intuitif à démonter, sa cheminée servant curieusement de verrouillage au top-cap en un usinage astucieux mais improbable. On y arrive cependant sans rien casser avec un peu de patience. Nous avons donc sur la photo ci-dessous, rangée du haut, de gauche à droite : la base de l’atomiseur, la chambre de vaporisation, la base du tank et rangée du bas, toujours de gauche à droite : le tank PMMA (un tank acier est fourni), le top-cap, la cheminée et le drip-tip le plus affreux qu’il m’ait été donné de voir ces deux dernières années.

01-pieces

La réalisation de ShenRay paraît assez épatante même si je ne peux juger de ses écarts au modèle original. Les pas de vis sont moelleux, les pièces s’emboîtent sans grincer ni gémir. J’aurai cependant du remplacer les joints toriques de la base, un peu trop lâches à mon goût par ceux fournis en « spare ».

Montage du FEV

J’ai préféré commencer l’opération de montage du FEV par la partie familière, à savoir la réalisation de la bobine résistive, repoussant à plus tard la mise en place des obscures pailles de mesh nécessaires au fonctionnement de la grosse limace. C’est donc par un morceau de Kanthal 0,4 mm que commence l’aventure, notre gros machin tout mou n’acceptant que difficilement les câblages plus épais ou plus modernes genre Clapton Wire.

02-coil

Le fil est classiquement enroulé autour d’un gabarit de 2 mm de diamètre sur huit tours non jointifs, ce choix provenant autant d’un tuto vidéo préalablement consulté que de l’envie de changer un peu du sempiternel micro-coil habituellement pratiqué sur mes autres atomiseurs. Le positionnement sur la base de la bobine ainsi obtenue ne pose pas de problème particulier, les défenseurs du FEV ont bien raison de dire qu’il est enfantin à monter.

03-coiled

Il faut quand même penser ici à relever la bobine entre les plots de façon à la placer légèrement au dessus des vis de serrage. Il n’y a que peu de risque ce faisant de casser le Kanthal ou de démettre le fil des vis mais cela peut arriver, ce n’est pas une raison pour médire sur la facilité de montage du FEV et on ferait donc beaucoup mieux de se taire et de vérifier la résistance du bazar.

04-ohm

Comme prévu, nos huit tours de Kanthal 0,4 donnent une résistance située près de l’ohm et devraient ravir le gros mollasson qui a horreur des valeurs basses. Bon ben voilà, ça c’est fait. Au tour du mesh maintenant !

05-mesh

Une de mes erreurs lors des premières tentatives de montage était de vouloir absolument enrouler au moins cinq centimètres de mesh pour obtenir un boudin bien serré à la mode « genesis ». Misère, le monsieur du tuto a dit « des pailles de mesh » et une paille, par définition c’est creux. Ah c’est bien joli de faire le mariole à dégommer ce pauvre FEV quand on écoute pas les tutos ! Le morceau de mesh fera donc entre 2 et 2,5 centimètres de large, sa longueur n’ayant pour l’instant pas grande importance. Du mesh… OK, mais pourquoi faire ?

06-chamber

Et bien c’est simple, il faut en faire deux pailles pouvant se glisser dans les orifices supérieurs de la chambre repérés par les flèches bleues sur la photo ci-dessus. Ah, j’imagine déjà le « newby » de la vape se réjouir de l’extrême évidence du montage d’un FEV et se féliciter jovialement d’en avoir fait l’acquisition. Après tout, ce n’est pas si compliqué de réaliser une paille de mesh, il suffit d’en tournicoter un morceau autour d’une tige genre clé « allen » de 1,5 mm.

07-mesh_rolled

Et après ? Ben on roule, un peu comme dans l’temps quand on pratiquait la clope DIY. Au bout d’un moment, le truc entre dans la chambre de vaporisation et là, c’est presque gagné. Je dis « presque » car il faut maintenant se préoccuper de la longueur de notre paille de mesh.

08-mesh_1

En fait, les pailles vont amener le liquide du tank vers la mèche de coton qui traversera un jour le coil confectionné plus haut. Elles doivent donc descendre jusqu’aux têtes de vis de serrage où elles rencontreront le coton judicieusement placé. L’idée est ici de dévisser les dites vis afin de simuler l’épaisseur future de la mèche et de pousser les pailles jusqu’à leur contact. On enquille donc la chambre sur la base, on pousse la paille comme ça va bien, on la coupe net avec une bonne cisaille et on passe à la seconde en utilisant le mesh restant.

09-mesh_2

Quoi, du mesh métallique sur les vis ? Woaw, faut aimer les court-circuits… Et bien non, le coton jouera le rôle d’isolant et on pourra vaper ce curieux montage comme qui rigole. Je ne pense tout de même pas que cette bizarrerie soit le fait du concepteur du FEV qui avait du prévoir autre chose comme un cordon de silice pour faire le boulot. Le mesh est à mon avis une optimisation de vapoto ingénieux, toujours prompt à trafiquer le matos.

Un petit passage de clé « allen » dans les pailles plus tard, bien utile pour rectifier leur ouverture mise à mal par la cisaille, nous voilà devant une chambre d’aspect fortement encourageant.

10-mesh_ready_up

Les pailles sont bien ouvertes et dépassent comme il faut à l’intérieur de la chambre.

11-mesh_ready_inside

Sur ce montage, les pailles de mesh mesurent 7 mm de longueur, valeur située dans la fourchette habituellement conseillée. Il est important ici qu’elles affleurent la surface de la chambre sans dépasser, sous peine de se faire impitoyablement écraser lors du vissage du tank. Elles ne doivent pas non plus se ratatiner sur les vis de serrage du coil sous peine de perdre en capillarité et de risquer le court-circuit en traversant le coton. Facile, le montage du FEV ! Deux minutes de boulot fingers in the nose ! En fait, quarante minutes se sont déjà écoulées depuis le tortillage de coil décrit plus haut et nous en sommes pas encore au bout de nos peines puisqu’il faut maintenant garnir notre bobine de coton…

12-wicked_1

Retour au monde connu, le coton préalablement aéré est glissé dans la bobine de Kanthal et coupé large de manière à dépasser la largeur de la base d’environ 3 mm. Pourquoi donc ? Y aurait-il encore une manip chiante à exécuter pour en finir avec ce montage ? Et bien oui. Mais commençons par amorcer notre mèche d’un peu de liquide à vaper histoire de la rendre bien collante.

13-wicked_2

Puis amusons-nous à replier les pattes de mèche sur les vis de serrage afin d’obtenir le plan noeud pap’ cher à Whitewater… Et surtout, ne nous énervons pas car le bout du tunnel est proche, nous allons sans plus tarder placer la chambre sur la base de l’atomiseur et filer mettre un cierge à saint Grumpy’s pour que notre beau montage ne parte pas en sucette durant l’opération de fermeture.

14-ready

Une heure s’est maintenant écoulée et nous en sommes encore à assembler le tank, manipulation fort aisée pour qui en a l’habitude.

15-tank_open

Le remplissage est par contre extrêmement rapide, les larges orifices pratiqués à la base du tank autorisant tout moyen, du flacon à aiguille jusqu’à la bouteille de jus sans embout jetée directement en pâture au gros limaçon qui vape.

16-filled

 

Et bien voilà… Ce n’est pas sans une certaine émotion que nous pouvons désormais contempler le FEV 4, debout et fier comme un dieu descendu de l’Olympe, prêt à vaper par son joli drip-tip tout neuf après seulement une petite heure de travail légère comme une promenade de santé.

17-finish

Hum… Et pour conclure…

J’ai attendu trois tanks bien remplis et bien vidés avant de rédiger ces lignes, histoire d’être sûr que le gros moche ne me place pas un coup fourré dans le dos. Force est de constater que tout s’est bien passé et que finalement, les fans du FEV n’ont pas absolument tort de l’être. Le FEV est un phénomène…

Si aucun superlatif ne colle au FEV, aucun reproche ne peut non plus tenir. Il se révèle fort pratique à l’usage, une fois les pailles montées et opérationnelles. Il vape carré, propre et efficace, même son tirage à mon goût trop serré peut s’élargir en enlevant la vis réductrice d’air-flow à condition bien sûr d’aimer les sifflements. C’est un atomiseur « all-day », durable car sans excès et appréciable grâce à une vape musclée, gorgée de hit et de saveur qui devrait ravir les amateurs de goûts « tabac ». Et puis fiable, avec ça… Pas une goutte de liquide ne s’échappe de son tank ou de sa chambre même remué dans un sac ou une poche. C’est un chef-d’oeuvre d’ingéniérie.

En fait , je crois que je ne pourrais guère dire mieux que l’ami MadZMax qui le compare à un décathlonien second sur toutes les épreuves mais premier au décompte des points.

Bonne vape à toutes et tous, en gros moche qui vape !   :bye:

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